Klaus Badelt
et les compositeurs du studio MEDIA VENTURES...

Steve Jablonsky, Henning Lonher, Heitor Pereira, Jim Dooley, Nick Glennie-Smith, Trevor Rabin, Mark Mancina...

Photo : CINEPHONIA Magazine

Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas bien l'histoire de Hans Zimmer : vers 1990, alors qu'il commence à être sérieusement connu dans le milieu et demandé par de très (trop ?) nombreux réalisateurs (de films d'action surtout), Zimmer décide de créer avec son ami le compositeur Jay Rifkin, la société Media Ventures, désormais basée à Santa Monica (au coeur d'Hollywood) à Los Angeles. Cette "boîte de production" de musique de film hollywoodienne est destinée à embauché de jeune compositeurs débutants pour les promouvoir auprès des "clients" de Zimmer, qui commence à ne plus pouvoir fournir partout et devoir refuser nombre de demandes...
C'est ainsi que de jeunes talents tels que Powell, Gregson-Williams, Glennie-Smith, Mancina et quelques autres trouvent là un studio moderne et des moyens de production qui leur correspondent, et correspondant à la demande grandissante de compositeurs de musique de film d'action (entre autres) dans le genre de Zimmer (ce dernier pouvant ainsi s'occuper de projets plus personnels - car la BO d'action c'est bien mais on n'y passe pas toute sa vie !). Bref, Media Ventures était né et le "style MV" aussi !

Comme le dit Zimmer lui-même, les compositeurs de MV forment une véritable équipe, une nouvelle "école" de musique de film : un mouvement artistique à part entière pour reprendre les mots du compositeur allemand, puisqu'il se dégage effectivement de ces partitions un style bien unique et qui fonctionne très bien dans les films en question. Malheureusement, depuis quelques années le côté commercial de nombreux films américains à pris le dessus, et cela s'est ressenti dans la musique... Le style MV est aussi devenu synonyme de stéréotype, de non-originalité, de sons électroniques convenus, bref, la décadence artistique au profit de l'argent des super-productions hollywoodienne (je pense à Armageddon notamment...). Et puisque la baisse de qualité des films américains est dû à un souci de rentabilité, et donc à une énonomie de temps (sur le temps de production), tout ceci a inévitablement aussi fait baisser la qualité de leur béos...

Les compositeurs de Media Ventures ont connus leurs premiers succès grâce au producteur Jerry Bruckheimer (qui a produit entre autres The Rock, Bad Boys, Armageddon, Ennemis d'Etat, Pearl Harbor, ou encore Pirates des Caraïbes). Ce sont également les compositeurs attitrés du studio d'animation DREAMWORKS (Le Prince d'Egypte, Fourmiz, Chicken Run, Shrek...).

Malgré les reproches qu'on peut lui faire, il n'empêche que l'équipe « Media Ventures » ("MV Team" pour les intimes) forme réellement un mouvement à part dans le milieu de la musique de film des années 90 et 2000, et que compte-tenu de son importance à Hollywood aujourd'hui et le nombre de fan qu'elle compte, je me devais d'en parler ici ! Et je dois bien avouer qu'en tant que fan de Hans Zimmer, je ne suis pas insensible à certaines de leurs productions !

Klaus BADELT

Klaus Badelt fait ses débuts dans le monde de la musique en tant que producteur dans un studio d'enregistrement à Mannheim, en Allemagne. Il touche alors lui-même à des musiques de publicités, de séries et de téléfilms. Il compose notamment la musique de la série "Tatort", tout en produisant des albums de musique en parallèle. Après avoir travaillé 7 ans en Allemagne, il vient s'installer aux États-Unis après avoir laissé quelque uns de ses Cds dans le studio de Hans Zimmer, à Media Ventures, alors qu'il était de passage à Los Angeles lors de vacances en Californie. Il rencontre alors Hans Zimmer, qui l'embauche comme assistant sur Le Prince d'Egypte et La Ligne Rouge (1998). Après une fructueuse collaboration avec Michael Kamen sur le score de X-Men (1999), Klaus Badelt devient compositeur additionnel à Media Ventures et collabore avec Zimmer sur Gladiator, Mission: Impossible 2 et Hannibal, puis co-écrit avec lui The Pledge et Invincible en 2001. C'est le début pour lui d'une plus grande part de liberté dans les projets cinématographiques de Media Ventures, où il n'était jusqu'alors qu'un "talentueux compositeur additionnel". Il se voit alors proposer en solo le score de la nouvelle adaptation de La Machine à remonter le Temps, ce qu'il fait avec succès en 2002 en délivrant une partition inspirée et très lyrique, dans la plus pure tradition orchestrale pour films d'aventures hollywoodiens ! Hans Zimmer avouera lui jalouser pas mal de mélodies de ce score... La même année, il écrit la musique de K19: The Widowmaker, là encore extrêmement orchestrale et chorale. Une certaine maturité de composition se sent déjà dans cette oeuvre stylistiquement très aboutie et d'une grande profondeur.


    Klaus Badelt est né en 1968 en Allemagne. Il vit et travaille désormais aux Etats-Unis.

Début 2003, il compose les béos de deux films d'action hollywoodiens : d'abord The Recruit (score très électronique et dynamique), puis Basic, pour John McTiernan, et enchaîne avec le film d'aventure estival de Gore Verbinski : Pirates des Caraïbes, où il dirige cette fois-ci pas moins de 6 compositeurs additionnels ! Il est fort à parier qu'après ces débuts prometteurs et ces différents parcours au sein de la musique de film, Klaus Badelt est très certainement le compositeur américain le plus attendu de ces prochaines années, car tout en appartenant profondément au "style Media Ventures", il sait aussi s'en démarquer dès que c'est nécessaire et trouver ses propres marques. Un compositeur inspiré et qui a des chances de le rester longtemps... A suivre !

Biographie de Klaus Badelt sur www.Cinezik.org

La Machine à remonter le Temps est la première BO "en solo" du compositeur assistant de Hans Zimmer sur Gladiator, Hannibal ou encore Pearl Harbor. Et pour une première, autant vous dire que tout le monde a été totalement bluffé ! Ce score est simplement l'un des plus inspirés de ces dernières années, bourré de thèmes et de mélodies toutes aussi bien trouvées les unes que les autres, et avec ça, le petit Badelt s'en tire avec une orchestration des plus correctes. Thème romantique, thème d'aventure, passages d'action survoltés, tout y est : The Time Machine est un pur modèle du genre dans le domaine de la BO de film d'aventure hollywoodien ! Pour l'occasion, l'éditeur Varèse Sarabande a transcendé sa règle d'or des 45 minutes maxi en proposant l'intégralité du score sur le CD, c'est-à-dire 57 minutes. L'ensemble demeure donc extrêmement cohérent et complet, ce qui permet d'apprécier au plus juste le travail de Badelt sur ce film, malgré la présence (évidemment) de 2 compositeurs additionnels de Media Ventures que sont Jim Dooley et Geoff Zanelli. Une superbe BO, donc, qui marque le premier pas en solo d'un compositeur inspiré et qui a logiquement beaucoup d'avenir devant lui !

Ma note :

Critique en cours de rédaction...

Ma note :

Après les nappes classiques et les envolées symphoniques de K:19, The Widowmaker, Klaus Badelt surprend tout le monde en délivrant avec The Recruit une partition quasi exclusivement éléctronique ! Les amateurs des belles mélodies du compositeur de The Time Machine seront très certainement déconcertés à l'écoute de cette musique pour le moins expérimentale et originale dans la carrière de Badelt. En effet, l'essentiel de ce score se compose de nappes électro qui ne sont pas sans rappeler l'ambiance développée par Hans Zimmer & Jim Dooley sur The Ring (Le Cercle) quelques mois plus tôt. Bien sûr, Badelt l'avoue lui-même : il n'a pas pu s'empêcher d'écrire un thème. Et évidemment, il y en a un, mais totalement intégré au reste des notes de cette musique surprenante et envoûtante. Une approche originale et salutaire pour un film hollywoodien, lui aussi, légèrement en marge des productions actuelles, racontant les péripéties d'une apprenti-espion de la CIA (Colin Farrell), entraîné par un Al Pacino plus ambigu que jamais. Se succèdent donc scènes d'action, de suspense, nappes atmosphériques et rythmes illustrant les machinations infernales de la CIA... Une BO à découvrir, donc, parfois un peu répétitive, mais qui démontre une fois de plus le talent de Klaus Badelt, qui prouve bien qu'il sait écrire des partitions efficaces et inspirées avec toutes les techniques mises à sa disposition, et sur tous les genres cinématographiques qui lui sont proposés.

Ma note : 1/2

Qui dit gros blockbuster estival produit par Jerry Bruckheimer dit forcément musique signée Media Ventures. En effet, le producteur de Rock, Armageddon ou de Pearl Harbor habite précisément à côté du studio de Hans Zimmer, ce qui lui permet de suivre régulièrement, et de très près, l'avancement des partitions des films qu'il produit. Ceci a été particulièrement pratique lorsque plusieurs problèmes sont apparus lors de la création des musiques de The Rock (1996) ou Armageddon (1998).
Sauf que cette fois-ci, au départ, c'est Alan Silvestri qui avait été choisi. Malheureusement, le compositeur de Predator et de Retour vers le Futur semble ne pas avoir plu longtemps à ce cher Jerry puisqu'il a été limogé très peu de temps après le début de la production du film. Dans un sens, tant mieux, puisqu'il a ainsi pu écrire une super musique pour le film Lara Croft: Tomb Raider 2... Reste donc la solution Media Ventures pour composer le score de Pirates des Caraïbes dans le mois restant avant la sortie du film en salles ! Tandis que Hans Zimmer décline poliment l'offre de s'embarrasser une nouvelle fois d'une partition pour un film sans surprise et composée à la va-vite (il avait déjà écrit Mission: Impossible 2 en 15 jours !), le sort choisi Klaus Badelt afin de mener le projet à terme, et dans les délais.

Avec une mission pareille, évidemment, il n'a pas été le seul a avoir été entraîné dans l'aventure (périlleuse) de ce score. Pour l'aider à composer les nombreuses minutes nécessaires pour illustrer les images de Gore Verbinski, Klaus Badelt a donc mis sur l'affaire les compositeurs additionnels de Media Ventures disponibles alors, c'est-à-dire Steve Jablonsky, Ramin Djawadi, Geoff Zanelli et Blake Neely. Le thème qui est sorti de tout ça, probablement dû à Badelt lui-même, est une très jolie reprise des thèmes de Backdraft et The Rock mélangées, avec beaucoup d'autres influences Zimmeriennes tout à fait assumées, puisque c'est précisément ce que Jerry Bruckheimer lui a demandé de faire ! Au final, ce score ressemble donc à la magma sonore 100 % sauce Media Ventures, où le volume est assourdissant et les recherches mélodiques minimum (le même thème est tout simplement décliné sans cesse tout au long du film). Mais finalement, l'ensemble demeure étonnamment écoutable pour le béophile habitué au "gros son" Media Ventures, et même plaisant pour celui qui aime ce genre de score (comme moi à l'occasion), mais il est évident et indiscutable qu'on n'écouteras pas ce score pour y rechercher une quelquonque originalité ni même un sens dans le parcours artistique de Klaus Badelt, qui a par ailleurs déjà largement démontré toutes les palettes de son talent avec ses compositions précédentes.
Un score exclusivement commercial et illustratif, donc, à mettre éventuellement dans sa voiture pour ne pas s'endormir la nuit sur l'autoroute, mais c'est à peu près tout ce qu'on peut en tirer.

Ma note : 1/2

Nick GLENNIE-SMITH

Nick Glennie-Smith
Nick Glennie-Smith est anglais,
comme Powell & Gregson-Williams !

    Avant de rentrer à Media Ventures, Glennie-Smith a eu une histoire ponctuée de bonnes rencontres. Il fait des études de musique classique dès sa plus tendre enfance, dans son angleterre natale, et chante dès 8 ans au sein de la chorale du New College d'Oxford (l'une des écoles de choristes les plus brillantes d'Angleterre). Après des études musicales plus poussées, il sort avec une passion particulière pour le rock'n roll et les instruments électroniques. C'est à partir de là qu'il a commencé sa carrière de musicien à Londres aux côté de Paul McCartney, Tina Turner, Phil Collins ou encore Roger Waters, des Pink Floyd ! C'est avec le soutien de son ami Hans Zimmer qu'il commence sa carrière de compositeur de musique de film à ses côtés, à Los Angeles. Glennie-Smith fut l'un des nombreux collaborateurs de Zimmer et composa les musiques additionnelles de BO telle que The Lion King, Crimson Tide, Beyond Rangoon, Nine Months ou encore The Preacher's Wife, et fut généralement celui qui dirigeait l'orchestre pour l'enregistrement de ces musiques. Sa meilleur partition au sein de l'équipe de MV restera sans aucun doute The Rock, composée avec Hans Zimmer et Harry Gregson-Williams en 1996. On lui doit notamment la magnifique ouverture de cette BO ("Hummels Gets the Rockets"), un grand moment d'émotion qui m'a fait aimé la musique de film ! Glennie-Smith avait composé un très beau thème principal pour The Rock, mais il n'a pas été retenu (celui de Zimmer est meilleur, c'est vrai, mais le sien était aussi très bon !).

Après les expériences de musiques d'action à MV, Nick Glennie-Smith quitte la « Media Ventures Team » en 1997 pour continuer sa carrière en solo. L'une de ses premières béos de cette nouvelle carrière solo est The Man in the Iron Mask (L'Homme au Masque de Fer), assez bonne mais néanmoins peu originale. C'est également durant cette période qu'il signe la musique de Home Alone 3 (Maman j'ai raté l'avion 3).
Après ces expériences en tant que compositeur solitaire, pour la plupart assez peu convainquantes, il faut bien le dire, Nick Glennie-Smith a récemment été crédité en tant que compositeur additionnel sur Pirates des Caraïbes, en compagnie de Klaus Badelt et des 5 autres compositeurs de MV qui ont participé au projet. Malheureusement, il n'a pas pour autant réintégré l'équipe de MV ni participé directement à l'écriture de cette partition, puisqu'il s'agit d'une créditation "honorifique" pour le remercier de ses travaux à MV tels que The Rock, qui ont permis l'élaboration de beaucoup de passages de Pirates des Caraïbes ! Néanmoins, on que espérer que, peut-être, ceci l'amènera à écrire de nouvelles BO au sein de MV, et qu'on entendra davantage parler de lui !

L'Homme au Masque de Fer

    The Man in the Iron Mask (L'Homme au Masque de Fer, avec DiCaprio, Depardieu, Malkovitch, etc...) est la seule BO composé par NGS tout seul que je connaisse. Le thème principal est excellent (il fait très "zimmerien" !), et le reste de la BO est assez sympathique à écouter aussi : pas mal de styles différents (on a même droit à des morceaux baroques rappelant Lully ou Haendel !). Le thème principal revient très souvent dans le film, ce qui le rend très marquant. Les quelques passages d'action du score sont assez sympathiques. Cette BO est l'exemple d'une bonne partition "Media Ventures" ! Bon, ce n'est quand même pas un chef-d'oeuvre, loin de là, le manque d'inspiration se fait quand même ressentir. Et honnêtement, il est facile de s'en lasser. Une BO agréable de temps en temps, donc, mais point trop n'en faut...

    Ma note :

Trevor RABIN

Trevor Rabin

Trevor Rabin est né en 1954
en Afrique du Sud

    Trevor Rabin était un célèbre guitariste, clavieriste, chanteur, compositeur, producteur et ingénieur son du groupe alternatif YES avant de passer à la composition de musiques de film (avec Con Air, en compagnie de Mark Mancina). Compositeur avec lequel Rabin avait au préalable déjà collaboré sur Twister, Fair Game ou au sein du groupe YES.
    Rabin est bien loin d'être mon compositeur préféré de la "MV Team", mais il a composé une partition assez intéressante pour Armageddon. C'est une bonne BO qui comporte de très bon passages, parfois doux et mélodieux, et parfois plus énergiques comme sait (mieux) le faire Zimmer. Mais le problème avec Rabin c'est justement celui-là : il ne sait pas faire grand chose à part copier Zimmer, et c'est bien dommage. Et quand lui vient l'idée de faire quelque chose de plus personnel, on se retrouve avec un pot-pourri de rock/pop/country, absolument infernal à écouter. Enfin moi ce n'est pas du tout le genre de musique que je préfère. Si j'aime la musique de film c'est justement parce qu'elle est assez riche pour s'éloigner de ces genres trop écoutés et commerciaux. Je ne trouve donc pas vraiment mon compte chez Rabin, sauf au niveau des thèmes musicaux (plutôt corrects), bien qu'il ai subtilement réussi à réutiliser le même thème dans au moins 3 ou 4 de ses BO sans que personne ne s'en aperçoive vraiment... D'un autre côté, il ne fait que ce qu'on lui demande : de la musique d'action à la Zimmer. Les réalisateurs et producteurs veulent le style Zimmer : Rabin essaie de le leur fournir comme il peux... Le résultat est là...

Armageddon

    Armageddon est plutôt une bonne BO. Le thème principal est très beau, et surtout, le thème qu'on entend au tout début du film, lors du lancement, ou encore vers la fin du film, est d'une grande beauté : le meilleur composé par Rabin selon moi. Ces passages très doux et mélodieux font le charme de cette BO, qui reste essentiellement une musique d'action le reste du temps, plus ou moins intéressante. Il subsiste malgré tout dans ce score complet un pourcentage important de musiques assez inintéressantes (enfin pour ma part) et assez convenues comme Rabin en produit souvent...
    Autant vous le dire tout de suite, je ne pense personnellement que seule la BO d'Armageddon est bonne, car le film, lui, est l'une des plus belles perles des navets hollywoodiens !! Les héros sont ridicules, les dialogues tout autant, et le scénario complètement débile ! Pourtant l'idée de départ était bonne (d'autant que je suis l'un des plus convaincus du risque d'impact par un astéroïde), mais le film est vraiment pitoyable !! N'empêche que je me suis bien marré en le voyant (heureusement on peut le prendre au second degré - ce qui n'était pas l'intention du réalisateur...). Bref, le film est nul, mais la BO, elle, est très agréable à écouter. Malheureusement, comme dans la plupart des musiques de Trevor Rabin, ça en reste là...

    Ma note : 1/2

Cette BO est sujette à contreverse : en effet, Harry Gregson-Williams a également participé à la composition de cette BO, mais il n'est pas crédité sur le CD. Pourtant, selon les dires de Gregson-Williams, il aurait composé plus de la moitié du score (tous les morceaux romantiques et environ 90 % des morceaux d'action !). La critique d'Arnaud Damian sur Traxzone explique l'affaire :

" Cela provient sans doute de sa non compatibilité d'humeur avec le producteur du film, Jerry Bruckheimer, qui est aussi le producteur exécutif de l'album. « Les rumeurs qui entourent la partition d'ARMAGEDDON sont pour le moins compliquées, expliquait Gregson-Williams dans une récente interview. Trevor Rabin avait été engagé afin d'assurer la composition musicale du film, bien après le départ de Hans Zimmer du projet. Jerry Bruckheimer, qui n'aime pas devoir sortir de Santa Monica pour aller écouter les différentes étapes de la composition avait demandé à ce que Trevor s'installe à Media Ventures, le studio de Hans Zimmer, qui est à deux pas de la maison de Bruckheimer. [Le deuxième avantage de ce rapprochement permettait aussi à Bruckheimer de s'assurer l'éventuel contrôle de Hans Zimmer en cas de pépin comme cela avait été le cas pour THE ROCK.-- NDR]. En moins d'une journée, Trevor Rabin envahissait mon studio et j'étais engagé pour composer de la musique additionnelle. Ce qui n'était pas une mince affaire compte tenu de la grande quantité de musique prévue qui avoisinait les 120 minutes ! témoigne Harry. Au final, j'ai dû composer la moitié de la musique et lorsqu'il a été question de me créditer comme co-compositeur, les choses se sont quelques peu embrouillées et j'ai préféré me retirer, laissant les choses comme elles avaient été alors prévues au départ. Je ne sais même pas ce qu'il y a sur le CD et qui est crédité au niveau de la composition. » Visiblement, le travail de Harry Gregson-Williams semble concurrencer de très près celui de Trevor Rabin en terme de temps à l'image. Au vu de ces quelques mots et de sa mésentente avec celui qu'il appelle Jerry "Let's torture Harry Now" Bruckheimer, on comprend mieux les raisons pour lesquelles sa musique n'est, malheureusement, pas présente au sein du CD officiel. Malheureusement, et à l'instar de THE ROCK, les responsabilités musicales sont pour le moins floues. Il est évident, que Trevor Rabin a composé les thèmes principaux ainsi que la partie plus "Ouest-Américain-biker / harmonica-rock-country" flirtant dangereusement avec la composition de Mike Post pour la série TV THE RENEGADE. Au final, on obtient un album bien en deçà de son potentiel de départ. L'écoute en prend littéralement pour son grade et la mixture devient vite répétitive, même si certains morceaux sauvent in-extremis un album monté en dépis du bon sens. "

Ennemi d'Etat   60 Secondes Chrono   A l'Aube du 6ème Jour

Quelques béos de Trevor Rabin... dans le plus pur style de musique "hollywoodiennes" !

Mark Mancina

Mark Mancina

    Mark Mancina fut l'un des principaux collaborateurs de Hans Zimmer au début des années 90, composant parfois sous le nom de ce dernier (il aurait ainsi composé la musique de la série documentaire TV Millenium à sa place...). Il est l'auteur d'une BO que j'apprécie beaucoup : Tarzan. Une bonne musique de dessin-animé, dans les pas du Roi Lion (de Zimmer). Mancina a collaboré avec d'autres compositeurs de la "MV Team" comme Trevor Rabin (sur Con Air, Twister, et Fair Game). Il est l'autodidacte de deux autres béos que je connais un tout petit peu : Bad Boys (l'une de ses premières, et celle qui l'a lancé dans le milieu), et Speed (une pure musique d'action !). Deux béos à peu près potables, mais sans grande originalité. Comme beaucoup de compositeur de la "MV Team", Mancina était encore censé encore, il y a peu, de produire des musiques dans le style de Zimmer. Depuis, il s'est mis à l'écart de Media Ventures pour composer "dans son coin", avec des projets plus personnels. Mancina explique dans une récente interview que les objectifs de MV étaient le rendement à tout prix, et que lui voulait la satisfaction de son art. C'est pourquoi, depuis Tarzan (1999), il ne compose que une ou deux béos par an, en s'y consacrant totalement. Et c'est aussi pourquoi on n'entend presque plus parler de lui, malheureusement, depuis un certain nombre d'années... A quand des nouvelles de Mancina ?

Mark Mancina   Mark Mancina
Mark Mancina, outre être un excellent compositeur, est aussi un fameux guitariste !!

Tarzan

    Depuis que Hans Zimmer a révolutionné la musique pour dessin-animé avec Le Roi Lion (1994), les demandes de mise en musique de films d'animations ont longtemps affluée à Media Ventures, et ça continue encore... Mais comme Zimmer n'a pas toujours que ça à faire, ces projets tombent généralement entre les mains de ses précieux collaborateurs, comme John Powell, Harry Gregson-Williams ou encore Mark Mancina... Celui-ci a justement composé l'une des béos de la MV Team les plus intéressantes avec le Tarzan de Disney en 1999, composé avec Phil Collins, qui signe toutes les chansons. Sur les 4 pistes de score que compte le CD (contre 10 chansons !), toutes sont excellentes, malgré la quantité incroyable de score absent de l'album (plus de 60 minutes !).Heureusement, on peut tenter de se procurer le score complet "sous le manteau", et puisque j'avais vraiment adoré la musique dans le film, c'est avec un grand plaisir que j'ai pu redécouvrir ce chef d'oeuvre musical avec le CD du score complet d'une durée totale de 70 minutes (sans les chansons, donc)... De grands moments d'émotion, qui ne sont pas sans rappeler les influences de Hans Zimmer, sous le nom duquel Mancina aurait composé plusieurs béos... Bref, une très bonne BO, qui ne brille pas par son originalité mais plutôt par ses mélodies et ses rythmes, très sympathiques.

    Ma note : 1/2

Les Ailes de l'Enfer

    Con Air (Les Ailes de l'Enfer, avec Nicolas Cage), est une BO d'action type, dans le plus pur style Media Ventures ! L'écoute est assez difficile en ce qui me concerne. Le mauvais Trevor Rabin a composé beaucoup trop de passages sans intérêt et très bruyant, employant guitare éléctrique et percussions à gogo. Le thème principal est sympathique à écouter et fonctionne assez bien dans le film, c'est vrai, mais à part ça... Encore un film produit par Jerry Bruckheimer (comme Armageddon), dont la musique doit seulement marquer le spectateur et faire vendre beaucoup de Cds... Pari réussi dans ce côté en tout cas, puisque justement le CD de Con Air s'est vendu comme des petits pains...

    Ma note :

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