Patrick Doyle

Patrick Doyle
Patrick Doyle est né en 1953 à Glasgow (Royaume-Uni).

Patrick Doyle

Pour en savoir plus sur le compositeur : biographie de Patrick Doyle sur Cinezik.org

    Fidèle collaborateur de Kenneth Branagh, Mike Newell et de Régis Warnier, ce compositeur écossais au style musical riche et exigeant, oeuvre aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, et pour tous les genres. Il est notamment l'auteur de la musique de "Harry Potter & la Coupe de Feu".

    Les musiques de Patrick Doyle sont toujours belles et raffinées. D'abord prédestiné à être acteur au début des années 80, il se tourne finalement vers la musique, auprès de son fidèle ami le réalisateur Kenneth Branagh, pour qui il signera la musique de presque tous les films, notamment DEAD AGAIN (1991), BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN (1993), FRANKENSTEIN (1994), HAMLET (1996), ou AS YOU LIKE IT (2006).

    Patrick Doyle a également collaboré avec de prestigieux cinéastes anglo-saxons tels que Brian De Palma (L'IMPASSE en 1993), Ang Lee (RAISON ET SENTIMENTS en 1995), Mike Newell (LE CHEVAL VENU DE LA MER en 1992, DONNIE BRASCO en 1997, HARRY POTTER & LA COUPE DE FEU en 2005), Alfonso Cuaron (LA PETITE PRINCESSE en 1995, DE GRANDES ESPÉRANCES en 1998), Robert Altman (GOSFORD PARK), ou encore Régis Warnier (INDOCHINE en 1992, UNE FEMME FRANÇAISE en 1995, EST-OUEST en 1999, MAN TO MAN en 2005).

    On retiendra également son excellente partition horrifique pour LE BAZAAR DE L'ÉPOUVANTE (Needful Things de Fraser Clarke Heston, 1993) ou encore celle de NANNY McPHEE (Kirk Jones, 2005), dans le registre de la comédie teintée de fantastique.

Patrick Doyle

HARRY POTTER & LA COUPE DE FEU - 2005
Harry Potter 4

    A l'annonce de la défection de John Williams sur le quatrième opus de la saga Harry Potter, que le compositeur de Spielberg avait brillamment mis en musique sur les trois premiers films, la communauté de fans a commencé à frissonner à l'idée d'entendre un nouveau compositeur s'approprier l'univers du jeune sorcier. Qui n'a pas en tête le fameux thème modal que Williams imposa dès le générique du premier film de Colombus, d'une originalité que n'a d'égale que son génie pour trouver des mélodies qu'on siffle dès la fin de la projection ? En 2004, le même Williams nous étonnais avec une partition délirante, inattendue et émouvante pour Harry Potter & le Prisonnier d'Azkaban, délivrant l'une de ses musiques les plus inspirées et les plus surprenante de ses 40 ans de carrière, qui compte 5 Oscars de la musique de films (notamment pour Star Wars, E.T. et La Liste de Schindler). On aura du mal à reprocher à Williams d'avoir préféré s'occuper de La Revanche des Sith (l'une de ses musiques les plus abouties), ou de La Guerre des Mondes (l'une de ses plus radicales), mais le musicien semblait avoir tout dit. Comment imaginer, après pareil tour de force, un autre compositeur faire mieux, aussi digne soit-il de reprendre le flambeau ?

    C'est finalement Patrick Doyle, fidèle collaborateur de Mike Newell sur Le Cheval Venu de la Mer ou Donnie Brasco qui fut assez logiquement choisi pour succéder à Williams. Le compositeur anglais, qui a écrit de sublimes partitions pour les adaptations de Shakespeare par son fidèle collaborateur Kenneth Branagh (alias Gilderoy Lockhart dans Harry Potter & Chambre des Secrets - qui a dit coïncidence ?), commença au début des années 80 une carrière d'acteur avant de se destiner à la musique de cinéma. D'un style résolument plus "british", Patrick Doyle semblait pourtant prédestiné à cette tâche, puisqu'il avait déjà collaboré avec Alfonso Cuaron (le réalisateur d'Azkaban) sur La Petite Princesse (1995) et Great Expectations (1998). Pour la petite histoire, Doyle a même failli collaborer avec Chris Colombus sur Ma Meilleure Ennemie (1998), mais affaibli par une leucémie, il dût laisser sa place à… John Williams. Alors même que la saga Harry Potter vire vers les pans plus sombres des troubles adolescents et d'une guerre qui se fait imminente, que dire, finalement, sinon que Patrick Doyle, qui mît en musique les drames Shakespeariens, était fait depuis le début pour rencontrer Harry Potter ?

    Ma note :

A notre plus grand étonnement, cette rencontre provoque de véritables étincelles. Si, dans le film, la musique ne parvient que rarement à se hisser à la hauteur des thèmes mémorables de Williams, Doyle apporte un souffle nouveau à la saga, et nous offre malgré tout une partition subtile et grandiose, à goûter sans limites sur le CD.

Il est tentant de comparer le travail de deux compositeurs sur un même univers. Mais ce serait aussi absurde que de comparer les films de Colombus à celui de Newell : les personnages changent, le ton évolue, la musique gagne en profondeur. Dès l'ouverture du film, on plonge dans une ambiance radicalement plus sombre, le seul motif rassurant étant finalement ce rappel discret du thème de Williams à l'apparition du logo de la Warner. C'est la seule fois (hormis un plan aérien au-dessous de Poudlard, plus tard) où le célèbre thème de Harry Potter atteindra nos oreilles. Après un épisode anecdotique (la mort de Frank, le jardinier des Jedusor), Patrick Doyle frappe très fort dès les premières minutes du CD, avec " The Quiddich World Cup ", qui deviendra dans le film l'hymne des élèves de l'école de Durmstrang, Victor Krum à leur tête. C'est sur des rythmes endiablés que l'on découvre ce personnage viril et charismatique, doublé par des chœurs d'hommes puissants et des cuivres déchaînés.

L'arrivée du carrosse de Madame Maxime est illustré dans par un thème héroïque, qu'on identifiera à la Coupe de Feu, dans " Foreign Visitors Arrives ", avec l'utilisation de trompettes, de tambours et de violons denses. Dans " The Goblet of Fire ", Patrick Doyle développe un univers raffiné typiquement britannique (avec cors anglais et triangles), qui rappelle certaines de ses musiques pour les adaptations shakespeariennes de Branagh. Jouant de percussions lourdes et développant un thème sombre pour exprimer le mystère de la Coupe de Feu, le compositeur a du mal à surprendre, mais injecte une atmosphère déjà pesante sur le film.

Dans " The Golden Egg ", Doyle nous offre rien de moins que l'un des plus brillants thèmes de la saga, Harry se découvrant un courage insoupçonné lors de l'épreuve du dragon. Interprété par des cuivres lumineux doublés de cymbales, ce nouveau thème enveloppe Harry Potter d'une certaine majesté. A partir de là, Doyle ne cesse d'étonner et de renouveler l'univers musical de la saga, en mélangeant musique de source et musique originale (" Neville's Waltz " pour la scène où Neville apprends à danser, ou encore " Potter's Waltz " pour la scène du bal de fin d'année). Entre deux amusements raffinés, Doyle nous délivre un déchirant hymne à l'amour, dans " Harry in Winter ". D'un lyrisme absolu, le musicien britannique accouche d'un thème romantique qui sied à merveille aux hésitations sentimentales du jeune Harry. Son orchestration des cordes, à la fois dense et subtile, rappelle les fameux thèmes romantiques de Georges Delerue (Le Mépris), ajoutant un raffinement de plus dans un univers de plus en plus adulte. C'est ni plus ni moins que l'un des plus beaux morceaux entendus cette année au cinéma.

Dans " Underwater Secrets ", Doyle évoque l'eau (la scène du bain) par des trémolos de bois et des cordes pincées, illustrant la malicieuse Mimi Geignarde, avant de laisser place au chant des sirènes, aérien et éthéré, décrivant le seconde épreuve de la Coupe de Feu.

" The Black Lane " nous plonge au cœur du lac noir de Poudlard, avec une orchestration fouillée et évasive, aux mélodies sombres et inquiétantes, avant de virer au pur morceau d'action héroïque, avec le rappel du thème d'Harry entendu dans " The Golden Egg ", sous une forme tantôt torturée (l'hésitation devant la tâche à accomplir), tantôt clairement soulignée par des rythmes puissants et des cuivres héroïques (l'acte). Mais c'est avec " Voldemort " que Patrick Doyle nous gratifie de l'un de ses meilleurs morceaux, délivrant pendant plus de neuf minutes une musique sombre et torturée, qui passe de la tension psychologique à l'affrontement physique, virant à l'émerveillement pur (reprise du thème d'amour pendant la scène de la jonction des deux baguettes, lorsque Harry revoit ses parents), pour finir sur une sombre note de lamentation dans " Cedric's Death ", morceau funèbre poignant interprété par des cordes déchirantes. Sur les images d'un Harry en pleurs sur le corps de Diggory, la musique de Doyle définit la tragédie que vit le personnage, en même temps qu'elle lui annonce un avenir sombre et incertain.

Utilisant le meilleur parti de son propre patrimoine musical typiquement anglais (avec des valses, des fanfares et des hymnes en référence à la musique populaire britannique), Patrick Doyle n'oublie pas le spectacle pour autant, en créant des thèmes éblouissants et mémorables, en développant des passages romantiques admirables, tout en participant à l'assombrissement général de la saga, grâce à des motifs ténébreux assez réussis. On regrettera néanmoins que l'ensemble, sur les images, ne fonctionne pas aussi brillamment que prévu : Doyle a écrit une partition riche et colorée, mais probablement pas assez originale pour se démarquer dans le film. Si le spectateur attentif aura été ému par quelques unes de ses mélodies sur les images, on retiendra surtout cette partition après plusieurs écoutes du CD, qui s'avère rendre un véritable hommage à l'œuvre du compositeur britannique pour ce quatrième opus de Harry Potter. Celui-ci nous délivre, à chaque écoute, de nombreuses subtilités insoupçonnées lors de la vision du film. On peut regretter les mélodies inoubliables de Williams, mais il serait dommage de passer à côté de celles, plus subtiles et aussi peut-être plus adultes et raffinées, d'un Patrick Doyle qui fût rarement aussi inspiré.

A noter la présence, à la fin du CD, des trois chansons entendues lors de la séquence du bal de fin d'année, qui tranche peut-être un peu trop radicalement avec le reste du score, mais qui dévoile la volonté du réalisateur de relier son film à une réalité adolescente plus évidente, avec la présence de grands noms de la pop anglaise actuelle (Jarvis Cocker est le chanteur du groupe Pulp, Jonny Greenwood le guitariste de Radiohead). Des chansons étonnantes dans un tel film, mais plutôt sympa à l'écoute et musicalement assez travaillées. On appréciera le choix artistique de Warner d'avoir relégué ces trois titres en fin de disque afin de ne pas troubler l'écoute du score de Doyle en plein milieu du CD…

HENRY V - 1989

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DEAD AGAIN - 1991

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BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN - 1993

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LE BAZAAR DE L'ÉPOUVANTE - 1993

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FRANKENSTEIN - 1994

    Patrick Doyle compose pour ce chef d'oeuvre de Kenneth Brannagh (avec Robert DeNiro et tout une brochette d'acteurs formidables) une partition à l'image de l'histoire de Frankenstein : tantôt sombre et torturée (avec un thème principal puissant et cuivré), tantôt romantique et lumineuse (avec un thème d'amour poignant). La musique évoque les remous intérieurs des personnages du film. Très présente à l'image, il en résultat un CD très rempli (près de 70 minutes de score) un peu long et répétitif, mais qu'une qualité exemplaire. Le raffinement d'écriture de Patrick Doyle est bien présent (on y décèle déjà ce qui fera plus tard les ingrédients principaux de son Harry Potter & la Coupe de Feu). La musique porte le film à des sommets d'émotion et de grandeur comme on voit rarement dans le cinéma anglais, la preuve que Patrick Doyle est un compositeur versatile qui peut aussi composer des musiques de film de genre comme c'est le cas ici.

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LA PETITE PRINCESSE - 1995

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RAISON ET SENTIMENTS - 1995

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HAMLET - 1996

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