Harry GREGSON-WILLIAMS
Petite fourmi deviendra grand espion...

Harry Gregson-Wiliams

Harry Gregson-Wiliams

Harry Gregson-Wiliams est anglais, comme John Powell !

    Harry Gregson-Williams a commencé sa carrière dans la musique de film en Angleterre, aux côtés du compositeur Stanley Myers, dont il a été l'assitant quelques années. Et s'il rencontre Hans Zimmer au début des années 1990, c'est parce que Zimmer lui-même avait été un ancien assistant de Myers à ses débuts ! Tout comme ses collègues John Powell et Gavin Greenaway, c'est juste après ces premières expériences musicales à Londres et cette rencontre fatidique avec Hans Zimmer que Harry Gregson-Williams intègre le studio Media Ventures à Los Angeles vers 1995.
    Jusqu'à très récemment, Harry Gregson-Williams a oeuvré en tant que compositeur additionnel sur les partitions de ses collègues du studio Media Ventures, tels que Hans Zimmer, Trevor Rabin ou encore son acolyte de toujours, John Powell. Malgré quelques "expériences presque en solo" avec The Borrowers (1997) et Smilla (1998), supervisées par Hans Zimmer, ce n'est qu'en 2001 qu'il s'offre une grande BO d'espionnage à lui tout seul avec SPY GAME, pour le film de Tony Scott. Une consécration pour un compositeur trop souvent dans l'ombre des autres, et malgré tout très inspiré sur toutes ses productions musicales.
    Harry Gregson-Williams (HGW pour les intimes) a commencé sa collaboration avec d'autres compositeurs de la "MV Team" en 1996 avec The Rock, en compagnie de Hans Zimmer et Nick Glennie-Smith. Une BO phare dans l'histoire de la musique de film et plus particulièrement pour le studio Media Ventures. HGW enchaîne alors une collaboration un peu litigieuse avec Trevor Rabin sur Armageddon pour Michael Bay (voir page Badelt & MV), puis sur Ennemis d'Etat pour Tony Scott. Mais c'est surtout avec John Powell que HGW va produire ses BO les plus inspirées et les plus populaires, en mettant en musique les excellents films d'animations produits par Dreamworks que sont Fourmiz, Chicken Run et Shrek, qui à mon avis sont ses meilleures réussites.

    Après une dernière expérience en collaboration avec John Powell sur Shrek en 2001, HGW compose en solo le score du célèbre jeu vidéo Metal Gear Solid 2, dans la droite lignée des musiques d'action de Media Ventures. Il enchaîne immédiatement après sur Spy Game pour Tony Scott, avec qui il avait déjà travaillé sur Ennemis d'Etat en 1998. Harry Gregson-Williams délivre alors sa meilleure BO, très atmosphérique, où alternent chants éthérés et rythmes synthétiques très prenants.
    En 2003, il se voit proposer la mise en musique du film d'animation des studios Dreamworks : Sinbad, La Légende des Sept Mers, et compose l'une de ses BO les plus inspirées, bourrée de thèmes héroïques et d'envolées orchestrales prenantes.

Il écrit également, successivement, les musiques des deux films réalisés par Joel Schumacher en 2003 : d'abord Phone Game (avec Colin Farrell), musique minimaliste très synthétique et froide (mais adaptée au huit-clos urbain de Schumacher), puis Veronica Guérin (avec Cate Blanchett), qui dévoile d'autres côtés de sa sensibilité, dans la droite lignée de Spy Game : musique atmosphérique, à consonnance irlandaise. Magnifique. Il écrit également le score de Passionada, comédie romantique un peu sirupeuse qui lui permet néanmoins de s'exercer à la comédie sentimentale, sur fond de musique latino. La même année, il signe Sinbad: Legend of the Seven Seas pour le dessin-animé des studios Dreamworks, musique enlevée et inspirée, digne des plus grandes musiques d'aventures, où son utilisation de la voix féminine est très originale.

Nul doute qu'après des années a avoir été au service des autres, HGW se déchaîne complètement et dévoile désormais tout son talent dans un déluge d'inspiration encore tout récent. Sa partition pour Shrek 2 en 2004, qu'il compose cette fois-ci sans John Powell, est inspirée et rafraîchissante. En 2005, il bluffe le public cinéphile avec une musique subtile, raffinée et grandiose pour Kingdom of Heaven de Ridley Scott, où il dévoile un sens de l'orchestration très personnel, et encore une fois, l'utilisation de la voix, très présente tout au long.

Fin 2005, il signe également la musique épique et grandiose des Chroniques de Narnia, qui lui vaut une nouvelle renommée internationalle, tout en continuant sa collaboration avec Tony Scott sur Domino, film pour lequel il continue ses expérimentation électro.

En 2006, il donne son premier concert à Madrid (présenté par Hans Zimmer lui-même), et malgré son anxiété à s'afficher pour la première fois en public (comme Zimmer en octobre 2000 à Gand, en Belgique), il dirige un concert mémorable.

Bref, Gregson-Williams est tout simplement l'un des meilleurs éléments issu de Media Ventures, et il a brillament réussi ses différentes collaborations, même s'il regrette lui-même de n'avoir été longtemps qu'un "boucheur de trous" dans les partitions de ses collègues, un compositeur assistant à qui on ne demande jamais aucun avis. Mais HGW a malgré tout su montrer son talent, et c'est un très bon compositeur, assurément. Ses récents succès montrent qu'il a su imposer son style et ses idées dans la jungle hollywoodienne, et c'est déjà une grande preuve d'intelligence et de créativité. Ça promet...

Biographie de Harry Gregson-Williams sur www.Cinezik.org


Harry Gregson-Williams dans son studio à Media Ventures.

LE PETIT MONDE DES BORROWERS - 1997
Co-écrit avec Hans Zimmer

    Le petit film sympathique de Peter Hewitt raconte la vie (mouvementée) d'une famille de "mini-humains" vivant sous le plancher de nos maisons. Une comédie amusante et agréable, bien qu'un peu surjouée. Première BO écrite par Harry Gregson-Williams "en solo", sous l'oeil bienveillant de Hans Zimmer (crédité comme co-compositeur), ce score de comédie mérite une attention particulière, car il dévoile déjà tous les tics et effets de style de l'écriture de Gregson-Williams (dont certains sont bien évidemment communs à Zimmer). Le CD s'ouvre sur une envolée héroïque illustrant les exploits de "papa Borrower" à la rescousse dans la cuisine, bien évidemment surdimensionnée pour leur taille (un plan d'anthologie !). Suivent une multitude de passages de suspense et d'action (les courses-poursuites entre Mr. Potter et les Borrowers), où les cuivres et les synthés ont la part belle. Quelques thèmes plus intimistes viennent donner un peu d'émotion ici et là entre deux poursuites. Un avant-goût du style développé dans Chicken Run, à découvrir pour l'amateur de musiques d'aventures. Sympathique, à défaut d'être très original.

    Ma note :

SMILLA'S SENSE OF SNOW - 1998
Co-écrit avec Hans Zimmer

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note : 1/2

FOURMIZ - 1998
Co-écrit avec John Powell
Fourmiz

    ANTZ (Fourmiz) est une des meilleures partitions de la "MV Team", issue de la plus frutueuse collaboration du studio, celle entre Harry Gregson-Williams et John Powell. ANTZ est leur première BO ensemble pour un film d'animation, le second opus étant l'excellentissime Chicken Run (et le dernier, Shrek !). On retrouve bien évidemment le même style, sauf que là il s'agit d'une musique composée en 1998, donc deux ans avant Chicken Run ! Les deux partitions ont donc les même caractéristiques et les même qualités : de superbes thèmes à - presque - chaque piste, une ambiance très dynamique, une écriture très énergique, c'est excellent et on se prend complètement dedans tellement c'est agréable à entendre et porteur des émotions du film ! ANTZ est l'amorce d'un style d'une richesse extrême dont Chicken Run ne sera qu'une superbe confirmation, alternant ouverture grandiose, choeurs et orchestre, musique d'action, thème d'amour, parodies de mélodies connues, etc... Tout y est, pour notre plus grand bonheur ! Un petit bijou à s'écouter en boucle !

    Ma note : 1/2

SHREK - 2001
Co-écrit avec John Powell

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note : 1/2

SPY GAME - 2001

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

PHONE GAME - 2003

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

SINBAD, La Légende des Sept Mers - 2003

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

VÉRONICA GUÉRIN - 2003

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

KINGDOM OF HEAVEN - 2005

    Après avoir travaillé par trois fois avec Tony Scott (sur ENNEMIS D'ETATS en 1998, sur SPY GAME en 2001, puis sur MAN ON FIRE en 2004 - en attendant DOMINO en 2005), KINGDOM OF HEAVEN marque la première collaboration de Harry Gregson-Williams avec le frère Ridley, pour ce film dont la musique avait initialement été confiée à Hans Zimmer, habitué du réalisateur de GLADIATOR et de BLACK HAWK DOWN.
    Pour ce film de croisades, Ridley Scott a résolument opté pour un ton intimiste et torturé, davantage que pour une approche purement spectaculaire et hollywoodienne comme le montrait pourtant les bandes-annonces. De même que BLACK HAWK DOWN développait une ambigüité très amère sur le soi-disant héroïsme des soldats américains d'aujourd'hui, il semble évident que KINDGOM OF HEAVEN s'incrit dans cette même continuité, avec un propos jamais manichéen, et des personnages ni blancs ni noirs. Si le film comporte plusieurs batailles mémorables, le propos du film n'est justement pas dans le spectaculaire, pas plus que dans la recontruction fidèle de faits historiques, mais plutôt un écho de l'Histoire aux conflits mondiaux contemporains, notamment ceux qui opposent encore aujourd'hui l'Orient et l'Occident pour d'obscures raisons. L'approche de Harry Gregson-Williams sur le film semble être claquée sur celle de Ridley Scott : peu de moments purement spectaculaires, et au contraire, davantage de passages atmosphériques, latents, sur fond de voix exotiques rappelant son travail sur SPY GAME, avec tantôt des moments sombres, tantôt des envolées plus lumineuses.

    Ma note :

Gregson-Williams n'hésite pas, une fois de plus, à intégrer allègrement un vrai travail sur la voix dans sa partition, comme il le fait dans presque chacune de ses musiques. On se souvient des voix orientales dans SPY GAME, samplées avec brio sur fond de rythmes électro et d'orchestre symphonique, mais aussi des quelques solos magnifiques dans VERONICA GUERIN, sans oublier les choeurs parsemés dans SINBAD, LA LÉGENDE DES SEPT MERS. De même, dans la lignée de SPY GAME, il expérimente de nombreuses sonorités orientales, notamment le fameux "duduk", ce que certains lui reprocheront (en comparaison à GLADIATOR ou BLACK HAWK DOWN pour les précédents films de Ridley Scott). Pour autant, Harry Gregson-Williams ne prends jamais parti d'un seul camp : au contraire, il mêle aussi bien les instruments traditionnels orientaux que les choeurs purement chrétiens (le score est parsemé de nombreux chants liturgiques étonnants, comme dans "Crusaders").

Si la première partie du disque est plutôt atmopshérique ("Burning The Past", "The King"), celui-ci propose de temps à autres de merveilleux morceaux enlevés (tels que le superbe "Ibelin" ou le violent "The Battle of Kerak"), qui nous rappellent autant sa veine mélodique hors pair que ses antécédents au studio Media Ventures (surtout "Better Man", très dans l'esprit de SPY GAME). Le morceau "Path To Heaven" surprend, en fin de disque : il s'agit d'un chant liturgique a capella, sobre et religieux, assurément plein de sens sur les images.

A la fois bourré de choeurs, de nappes atmosphériques, de rythmes orientaux et de voix solos exotiques, le score de KINDGOM OF HEAVEN est dans la droite lignée des musiques des précédents films de Ridley Scott (rappellant autant GLADIATOR que BLACK HAWK DOWN), tout en s'inscrivant dans la continuité du style musical de Harry Gregson-Williams. Toujours sombre et ambigü, parfois violent, parfois mélancolique, il reflète parfaitement la folie et les doutes des hommes en temps en guerre. Au final, voilà une musique en parfaite adéquation avec son propos, qui ne cède pas au spectaculaire hollywoodien tout en réussisant à nous tenir en haleine du début à la fin, sans qu'on s'ennuie une seule minute, pour peu qu'on aime être un peu supris ou qu'on aie aucun a priori sur le co-compositeur de ARMAGEDDON (et oui, ça fait tâche dans la filmographie, quand même !)... Harry Gregson-Williams démontre néanmoins, une fois de plus, tout son talent pour la musique de film, en allant au-delà des clichés du genre et des attentes des habitués. Un nouveau tour de force qui prendra toute sa mesure sur les images léchées de Ridley Scott, dans les salles obscures.

LE MONDE DE NARNIA - 2005

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

Retour au sommaire