James Newton HOWARD est né en 1951 à Los Angeles.
James Newton Howard (JNH pour les intimes) était un compositeur plutôt "classique" il y a encore quelques années, avec un style relativement peu marqué pour prétendre être un "excellent" compositeur de musique de film, malgré une filmographie riche en expériences. On peut citer Le Fugitif ou Alerte! parmis ses meilleures BO des années 1990, mais aucune n'ai jamais véritablement parvenu à intéresser le public en dehors du cercle discret de quelques béophiles...
Depuis 1999, il change complètement de direction et s'envole vers le succès ! Avec The Sixth Sense (Sixième Sens, 1999), musique que personnellement je trouve extraordinaire, il s'est surpassé et a écrit là une partition vraiment incroyable, qui colle au film comme je ne l'avait jamais vu auparavant ! Avec l'une de ses dernières productions, Dinosaure (pour Disney), musique d'une extrême richesse (l'une des meilleures béos de l'année 2000), il montre qu'il est véritablement entré dans la cour des grands et peut être considéré comme l'un des meilleurs compositeurs de musique de film actuel ! Avec Unbreakable (Incassable, 2000), sa deuxième collaboration avec le réalisateur de Sixième Sens, le génial M. Night Shyamalan, cette impression est véritablement confirmée. Cette dernière BO est toute aussi excellente que la précédente... tandis que l'opus 3 de cette collaboration, Signs (Signes, 2002) confirme que les deux hommes s'inspirent mutuellement pour créer un cinéma américain en marge des productions hollywoodiennes habituelles. Un nouveau couple réalisateur-compositeur qui fait des étincelles est né !! Pour notre plus grand plaisir... et pour l'intérêt du monde la musique de film, trop souvent surchargé de partitions bruyantes et bâclées. La partition de James Newton Howard en 2004 pour le même réalisateur, Le Village sera une nouvelle fois une merveille absolue de la musique de film, sublimée par des solos de violon de la jeune prodige américaine Hilary Hahn. Un score une fois de plus en totale adéquation avec le film, améliorant les images à chaque instant, et qui demeure d'une beauté sans précédent sur le support CD. Un vrai choc musical !
Parallèlement à ses musiques pour Shyamalan, JNH a également composé en l'an 2000 la musique du film d'action Vertical Limit, musique d'action assez inspirée mais plus convenue, et celle de quelques gros succès de Disney : après Dinosaure, il y a eu Atlantide, l'Empire Perdu en 2001 et La Planète au Trésor en 2002. En effet, JNH s'affirme également dans le domaine du cinéma d'animation avec des partitions assez extraordinaires. Atlantide... est l'une de ses meilleures musiques. Il est dommage de constater néanmoins qu'avec La Planète au Trésor, son style pour l'animation s'est vite essoufflé : sa collaboration avec Disney s'est d'ailleurs terminée à ce film (ce qui est peut-être pas plus mal malgré tout). En 2003, on lui confie également la mise en musique du thriller / SF Dreamcatcher. JNH produit un score assez intéressant car comparable à ses approches des musiques pour Shyamalan, mais le film est tellement ridicule qu'on a du mal à prendre le tout au sérieux, fort malheureusement. En 2004, à défaut de dessin animés Disney, on le retrouve dans un genre où il est particulièrement à l'aise (le film d'aventures) sur Peter Pan, où il nous délivre une musique fort inspirée et très efficace, plutôt réussie.
JNH est donc un excellent compositeur, mais qui a ses limites. Heureusement que l'imagination apparemment sans limites de Shyamalan est encore là pour l'inspirer dans les années à venir !Malgré quelques faiblesses qui sont légitimes dans un métier où la mise en musique de films se doit de suivre le rythme éffrené des productions d'Hollywood, James Newton Howard semble être définitivement arrivé à une intelligence et une mâturité de composition que peu de compositeurs ont su atteindre. Il s'affirme désormais comme un compositeur exceptionnel qui nous promet encore de belles surprises, on peut lui faire confiance !
James Newton Howard s'est récemment vu confié la musique de KING KONG de Peter Jackson, remplaçant au pied levé Howard Shore (dont la musique d'origine n'a pas été retenue), accouchant en seulement 5 semaines d'une partition mémorable et efficace, à la grande surprise de tous. Une nouvelle preuve, si besoin était, de son immense talent !
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Biographie de James Newton Howard sur www.Cinezik.org
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ALERTE! - 1995 ![]()
Critique en cours de rédaction. Merci de revenir bientôt !
Ma note :
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L'AVOCAT DU DIABLE - 1998 ![]()
Critique en cours de rédaction. Merci de revenir bientôt !
Ma note :
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SNOW FALLING ON CEDARS - 1999 ![]()
Avant de rencontrer M. Night Shyamalan, James Newton Howard nous livre ici une partition déjà pleine de subtilités et d'émotion dans la veine de THE SIXTH SENSE, qu'il composa la même année. L'album édité par Decca propose 67 minutes du score, ce qui est presque trop pour apprécier sur la longueur le travail de JNH sur ce film ! Néanmoins, de nombreux morceaux ressortent de cet ensemble très atmosphérique et retenu, où violoncelle s'allie à merveille avec des envolées orchestrales et chorales très prenantes, qui ne sont pas sans évoquer le futur UNBREAKABLE (2000). Véritable condensé de sensations envoûtantes et de mélancolie, ce score méconnu mais merveilleux de JNH nous emporte avec émotion entre romance et subtile noirceur. Tout en dosant subtilement les effets de sa musique (comme dans L'Avocat du Diable ou Sixième Sense), JNH compose ici une musique retenue, mais profonde, sincère et bouleversante d'émotion. Les thèmes sont beaux et prenants, l'orchestration simple et efficace, et l'album complet. Une vraie expérience sensible à découvrir sans hésiter !
Ma note :
1/2
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SIXIÈME SENS - 1999 ![]()
The Sixth Sense (Sixième Sens), est une musique que j'adore. C'est la première qui m'a véritablement fais aimé JNH. Elle m'avait déjà beaucoup plu dans le film (qu'est-ce qu'elle fout la trouille !!), et lorsque j'ai vu le CD d'occasion pas cher, je n'ai pas hésité une seconde. Je n'ai pas été déçu.
Un mélange de musique douce, profonde et mystérieuse, qui met tout de suite dans l'ambiance d'un film fantastique. Ajoutez à cela des envolées symphoniques impressionnantes et inquétantes (mais JNH se retient, il ne laisse pas la musique partir trop loin), et des passages qui font peur au point qu'on se demande si nous mêmes ne sommes pas menacés au moment où nous écoutons cette musique ! Je l'ai écoutée un soir dans le noir, et croyez-moi, c'est impressionnant : faites-le et vous découvrirez toute la magie et la puissance de cette musique extraordinaire ! Un score véritablement monumental, bien que très court : c'est de loin le meilleur score de thriller de ces dix dernières années ! Si vous voulez réellement ressentir ce que c'est que la peur en musique, cette BO est pour vous.Ma note :
Certains passage de cette BO me font penser à ceux composés par Thomas Newman pour les béos de American Beauty et La Ligne Verte (supers films par ailleurs !). Je ne saurais vraiment expliquer cette impression, si ce n'est qu'un point commum relie effectivement le style de ces deux compositeurs dans ces béos : la retenue. Newman comme JHN dans The Sixth Sense évite les envolées symphoniques et les passages trop bruyants. L'émotion passe entièrement dans la composition et les images qu'il nous reste du film. Vraiment impressionnant... Et comparaison intéressante entre deux compositeurs de musique de film vraiment géniaux...
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INCASSABLE - 2000 ![]()
Après Sixième Sens, ce film devait confirmer le talent de Shyamalan et le choix de JNH pour mettre en musique ses films. Avec cette histoire racontant de manière originale et magistrale la naissance d'un super-héros (Bruce Willis, homme incassable révélé par l'homme de verre, Samuel L. Jackson), Shyamalan et JNH enchaînent avec cette réflexion pleine de poésie sur notre rôle dans la société, dans le cas où celui-ci serait prétestiné. Un sujet résolument original, mis en images d'une main de maître par Shyamalan, qui filme toujours aussi subtilement ses acteurs, afin de faire ressortir toute la profondeur de leurs sentiments. Là-dessus, JNH n'a pu composer qu'une BO exemplaire, très atmosphérique, comportant un subtil mélange de musique électronique et d'orchestre symphonique, qui dévoile au fur et à mesure de l'histoire plusieurs thèmes marquants d'une grande beauté. Encore une fois, le final est grandiose, aussi bien visuellement que musicalement, et on se délecte véritablement, aussi bien dans le film que sur le CD seul. Une très grande BO de JNH, absolument incontournable, d'une inspiration époustouflante, même si presque tout n'apparaît qu'en filigranne. A avoir !
Ma note :
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THE EMPEROR'S CLUB - 2000 ![]()
Ma note :
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VERTICAL LIMIT - 2000 ![]()
Malgré un scénario assez peu passionnant (une expédition en Himalaya est montée par une troupe d'aventuriers fortunés guidés par un vieux roublard qui a perdu sa femme dans la montagne), on était en droit d'attendre un score de JNH surprenant et virvolté, sous fond d'images spectaculaires de tempêtes de neige à 7000 mètres d'altitude. Néanmoins, l'ensemble demeure assez faible, et c'est très dommage, car il y avait matière à faire quelque chose d'intéressant. Au lieu de cela, JNH expédie un thème principal dès le début du film pour ne plus jamais le développer, et compose pour le reste de sa partition une série de morceaux tous aussi anecdotiques les uns que les autres, tantôt doux mais ennuyeux, tantôt énergiques mais déjà entendus maintes fois dans ses précédentes partitions. Si l'ensemble demeure écoutable sur le CD et malgré tout efficace sur les images, ce score ne fait partie que des oeuvres mineures de JNH, entre plusieurs chef-d'oeuvres que sont INCASSABLE et DINOSAURE. Une faille pardonnable au regard de sa production de l'année 2000, pour le moins impressionnante en quantité et en qualité.
Ma note :
1/2
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DINOSAURE - 2000 ![]()
Si cette première expérience d'un film en 3D "hors-Pixar" demeurera un fiasco total (scénario minable tout simplement pompé sur Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles réalisé par Don Bluth & Gary Goldman en 1987 et brillamment mis en musique par James Horner), le score composé par JNH pour Dinosaure est une musique d'une richesse incroyable, foisonnante de thèmes sublimes et d'envolées symphoniques exemplaires. Ajoutez à cela un soupçon de musique ethnique (notamment des choeurs africains signées Lebo M, le collaborateur de Hans Zimmer sur Le Roi Lion) et quelques passages d'action de très bon niveau, et ça nous donne une excellente BO ! Et bonheur : bien que le film soit totalement nul, la musique reste très bonne sur les images : la scène d'ouverture est un véritable moment d'anthologie ! Quitte à regarder le film, au moins on ne s'embête pas trop grâce à la qualité de ce score ! Une grande BO, donc, désignée comme l'une des meilleures de l'année 2000 (vous l'avez vous-mêmes élu 3ème meilleure BO de l'année sur ce site !). Effectivement, c'est un réussite et on ne s'en lasse pas ! A avoir !
Ma note :
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ATLANTIDE, L'EMPIRE PERDU - 2001 ![]()
Bien que ce film n'est qu'un ènième Disney qui plagie ouvertement une autre oeuvre animée (en l'occurence, la série TV japonaise "Nadia et le secret de l'eau bleue"), Atlantide est un film d'animation globalement bien foutu et qui aborde quelques thèmes intéressants. Néanmoins, le plus intéressant dans l'affaire demeure une fois de plus la musique de JNH, encore une fois supérieure à la qualité du film, sauf que là le film est presque correct. Pour résumer, la musique est donc géniale de bout en bout ! Tout commence par quelques passages de "mickey-mousing" classique à la Disney, assez énervants mais plutôt bien écrits, avant d'aborder la partie la plus intéressante du film : le départ vers l'Atlantide, et surtout la découverte de la cité sous-marine par les héros du film. JNH nous livre là des thèmes d'une grande beauté, qui évoquent toute la majesté et la fragilité des lieux, ainsi que la sagesse du peuple d'Atlantide. Par une orchestration originale et l'utilisation subtile de voix féminines, il parvient à faire passer l'émotion nécessaire pour comprendre et apprécier les enjeux pseudo-écolos du film. L'ensemble demeure donc extrêmement cohérent, en plus d'une richesse mélodique très agréable. A découvrir absolument si ce n'est pas déjà fait !
Ma note :
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LA PLANÈTE AU TRÉSOR - 2002 ![]()
Après Dinosaure et Atlantide, on attendais JNH au tournant pour voir si son style "Disney" passait les ans et les films sans problème. Malheureusement, on ne peut que constater un léger défaut d'inspiration sur cette BO, peut-être dû à son élan créatif extraordinaire sur Signes, de Shyamalan, qu'il a composé à peu près à la même époque. Néanmoins, les thèmes ne manquent pas et on retrouve quelques passages très sympathiques rappelant le début d'Atlantide. Mais le film étant lui-même de pâle inspiration, l'ensemble souffre gravement d'originalité et d'intérêt. JNH nous concocte un petit thème mystique ici, un passage traditionnel aux accents de musique irlandaise par là, et le tour est joué ! Pour le coup, il s'en tire plutôt pas si mal, car le score demeure à peu près cohérent et riche de quelques mélodies sympathiques, mais encore une fois, faute d'originalité, il est fort à parier qu'il s'agit-là de la dernière collaboration entre Disney et JNH, et c'est peut-être pas plus mal. Un compositeur aussi talentueux que James Newton Howard a certainement mieux à faire que mettre en musique les niaiseries visuelles des Studios Disney.
Ma note :
1/2
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SIGNES - 2002 ![]()
Après Sixième Sens et Incassable, JNH & Shayamalan rempilent pour un pur thriller fantastique de très haut niveau, où l'ex-révérent "Mel Gibson" vit une invasion extra-terrestre avec sa petite famille. Un sujet de SF a priori banal mais qui, sous la caméra de Shyamalan devient un film au propos résolument métaphysique, ou le rapport entre Dieu et d'éventuels êtres extra-terrestres est abordé de diverses manières. Côté musique, JNH s'en sort à merveille, puisqu'il s'agit là de l'une de ses meilleures BO ! Un petit motif répétitif de 3 notes plane durant toute la partition, comme un signal de détresse (ou un "signe" d'intelligence supérieure). Une ambiance très calme mais tendue s'installe quelques minutes avant l'enchaînement de plusieurs passages d'action époustouflants, qui prouvent définitivement la maîtrise orchestrale de JNH. Comme à son habitude, JNH nous emporte à la fin de sa partition - et du film - avec des envolées lyriques d'une beauté absolue, qui clôt de manière magistrale une BO à la fois efficace et subtile, en parfaite adéquation avec les images et le sens du film de Shyamalan. Un film pétrifiant et une musique saisissante de bout en bout. A avoir !
Ma note :
1/2
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DREAMCATCHER - 2003 ![]()
Dans la droite lignée de Signes, JNH signe ici une nouvelle BO au sujet qui n'est pas sans rappeler celui du précédent : une invasion extra-terrestre, avec en filigranne l'histoire de 4 jeunes hommes liés par des pouvoirs surnaturels. Si le début du film est excellent, car très atmosphérique et intriguant, la dernière heure est probablement l'une des plus insupportables jamais vues au cinéma : scénario débile, acteurs mauvais, effets spéciaux ridicules... Un gros gâchis, car l'ambiance mise en place au début du film était intéressante ! Là-dessus, JNH compose un thème mystérieux, un peu électro, très présent au début de la partition, puis qui revient à la fin. Entre ces moments très atmosphériques, on rencontre quelques passages d'action assez excellents, dans la veine de Signes, mais qui passent mal sur les images ridicules d'un film d'ores et déjà miné par plein d'incohérences visuelles et scénaristiques. Miaux vaut se contenter du score, donc, très intéressant musicalement, et oublier totalement le film pour lequel il a été créé, l'écoute de la BO n'en sera que plus appréciable.
Ma note :
1/2
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PETER PAN - 2004 ![]()
Critique en cours de rédaction. Merci de revenir bientôt !
Ma note :
1/2
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LE VILLAGE - 2004 ![]()
Critique en cours de rédaction. Merci de revenir bientôt !
Ma note :
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BATMAN BEGINS (avec Hans Zimmer) ![]()
On en rêvait, ils l'ont fait ! On savait Hans Zimmer et James Newton Howard amis, partageant la même approche de la musique, et collaborant parfois secrètement en s'échangeant quelques samples ou même des collaborateurs. Mais jusqu'à ce jour, aucun projet d'était parvenu à réunir leurs talents sur un seul film. C'est désormais chose faite, avec ce BATMAN BEGINS ! Réalisé par Christopher Nolan, ce cinquième Batman très attendu est annoncé comme particulièrement sombre et orginal, se démarquant profondément de l'ambiance gothique des précédents opus de Tim Burton, ou des grotesques navets filmés par Joel Schumacher... Cette collaboration entre deux grands noms de la musique de film hollywoodienne augurait du meilleur comme du pire. Beaucoup étaient sceptiques : entre les nappes sophistiquées et les envolées synthétiques de Hans Zimmer, et les mélodies subtiles et atmosphériques de James Newton Howard, on voyait mal comment deux sensibilités musicales si différentes pouvaient s'intégrer à une seule partition. Car si les deux compositeurs ont bel et bien une vision commune de la musique de film, force est de constater que deux oeuvres telles que KING ARTHUR et THE VILLAGE ont, musicalement, peu de choses en commun. Mais les deux films n'ayant également rien à voir (et heureusement !), que peut donc donner le fruit de ces deux talents sur un seul et même film ?
Ma note :
1/2
Le résultat est plutôt déroutant. Les deux compositeurs ont visiblement préféré travailler ensemble sur une grande partie du film, plutôt que se confier des scènes ou des séquences à mettre en musique chacun dans son coin. De nombreux morceaux comportent donc à la fois la "patte JNH" et le "style Zimmer", les deux styles s'alternant régulièrement au cours de la partition, voire se mélangeant carrément par moments. Mais concrètement, que dire ce l'ensemble de la musique ?
Contrairement à ce qu'on pourrait pensez, Hans Zimmer n'a pas vraiment joué la carte de la subtilité. Venant de lui, on a connu mieux (HANNIBAL, THE RING), car la plupart des passages d'action signés Zimmer sur cet album (et ils sont faciles à reconnaître) sont de facture classique et fonctionnelle. Les amateurs du Hans Zimmer d'action seront ravis de retrouver le style de BACKDRAFT ou de KING ARTHUR, mais ceux qui lui préfèraient les nappes mélancoliques de LA LIGNE ROUGE s'ennuieront ferme. De quoi donner de nouveaux arguments aux détracteurs de Zimmer, qui, ces dernières années, étonne davantage sur des films plus intimistes dont on parle peu. En ce sens, c'est un peu dommage. Mais Zimmer ne compose pas pour le CD, il compose pour le film : il est donc probable que sur les images, la musique fonctionne à merveille. Reste un constat : peu d'originalité, à l'exception de quelques rares moments de tension ou de latence, où Zimmer retrouve la veine dramaco-romantique de l'excellent THE RING.
En ce qui concerne la partie de James Newton Howard, c'est assez différent. Lorsque la musique se fait plus subtile et mélancolique, on se doute assez facilement qu'il s'agit d'un passage composé par l'auteur de la musique de SIXIEME SENS. On y retrouve également son goût pour les rythmiques, qu'il partage avec Zimmer : le score alterne assez brillamment les moments atmosphériques et les passages mouvementés, voire d'action pure. Mais l'ensemble demeure assez maladroitement équilibré, d'où un certain sentiment d'inachevé sur plusieurs morceaux (notamment Artibeus, qui comporte d'excellents passages tantôt torturés et mouvements, tantôt atmosphérique et mélancoliques, mais qui rarement émeut tant l'un et l'autre font des va et viens).
Un très beau thème principal, signé James Newton Howard, est néanmoins développé vers la seconde partie de l'album (Macrotus, Corynorhinus), dans la veine des subtiles mélodies de INCASSABLE ou de THE VILLAGE. Un moment de bonheur malheureusement trop court, car bien vite, d'obscures nappes Zimmeriennes prennent le dessus. Malgré tout, un grand thème héroïque est développé par Hans Zimmer dans le morceau Molossus (probablement le plus intéressant de l'album pour la partie action), suivi de rythmes trépidants francs et bruyants (du Zimmer d'action 100 % assumé). Sûrement le morceau le plus radical de l'album dans sa forme, mais qui évidemment, ne plaira pas aux allergiques du Zimmer de PEACEMAKER ou de KING ARTHUR.
Au final, rien n'est véritablement développé en profondeur, les bonnes idées sont courtes et ne réapparaissent que rarement, ce qui fait qu'au final, tous les morceaux de l'album (ou presque) se ressemblent, et qu'on n'en retient plus grand chose quand c'est terminé, même si les morceaux de fin d'album sont plutôt de bonne facture. Une chose est sûre : pour apprécier la musique de BATMAN BEGINS a sa juste valeur, il faut faire abstraction du nom des deux compositeurs, et ne pas essayer de chercher dans ce score ce qui nous a plu dans l'une ou l'autre de leurs précédentes partitions respectives, sous peine d'être déçu. Finalement, c'est assez logique : ni l'un ni l'autre n'ont voulu mettre en avant son style au détriment de l'autre, mais plutôt créer un melting-pot sonore, une texture musicale, qui s'adapte au film avant tout. BATMAN BEGINS est donc bel et bien un mariage musical de Zimmer et Howard, et non pas un score comportant du Zimmer d'un côté, et du Howard de l'autre. En ce sens, la démarche des compositeurs est tout à leur honneur : s'effacer au profit du film, de la narration, donner ce qui manque à l'autre (Zimmer pour les parties d'action, Howard pour les parties intimistes), mais sans chercher à se mettre particulièrement en avant.
Le résultat, sur le disque, n'en demeure pas moins frustrant, il faut l'avouer, car à vouloir mesurer son style, la personnalité des deux musiciens en prends un sérieux coup : l'ensemble demeure donc excessivement lisse, fonctionnel, et avec peu de prises de risque, à l'exception des trois derniers morceaux de l'album. Il est dommage que la veine romantique et subtile de Hans Zimmer (entendue par exemple dans HANNIBAL ou THE RING), très sous-exploitée, ne soit développée qu'à la fin du disque (Lasiurus), de même que James Newton Howard a semble-t-il eu peu d'occasions d'écrire de la musique d'action (comme on a pu l'entendre sur les excellents SIGNS ou DREAMCATCHER). La démarche est au service du film, certes, mais au désavantage de l'écoute isolée, la seule véritable originalité de l'album étant finalement le nom des morceaux (on se demande où Zimmer et Howard ont été chercher ça !), dont la première lettre entre les pistes 4 et 9 forment un mot-clé surprise...
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KING KONG - 2005 ![]()
Rappel des faits : Howard Shore a vu sa partition rejetée par Peter Jackson et se faire remplacer par James Newton Howard, qui n'a eu que deux semaines seulement pour composer la musique finale. On aurait pu s'attendre à une catastrophe totale, ou au mieux, à une partition anecdotique. Contre toute attente, il n'en est rien ! James Newton Howard bluffe littéralement tout le monde, en délivrant une partition inspirée et grandiose, certes peu originale mais redoutablement efficace.
Ma note :
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Alternant passages jazzy et mélancoliques pour le début du film (dans le New York des années 30), la partition dérive rapidement vers le mystère et l'aventure, avec des morceaux enlevés tels que "Last Blank Space On The Map", qui illustre l'arrivée de l'équipe de cinéastes sur l'île de Kong. On y entend des rythmes lourds et un long cri plaintif symbolisant le grand singe alors même qu'on ne l'a pas encore vu. La suite est une succession de moments d'émotion ("Beautiful", pour la scène où Kong rencontre Naomi Watts), et d'action pure ("Tooth and Claw" : dents et griffes), pour l'affrontement monumental entre Kong et des T-Rex, l'une des scènes les plus spectaculaires du film.
Le style intimiste de James Newton Howard est très présent. On retrouve la veine mélancolique du compositeur du Village, qui n'hésite pas à mettre l'orchestre en arrière-plan pour privilégier une mélodie aérienne au piano pour sublimer l'émotion, à la manière d'un Thomas Newman. La grande suite finale ("Beauty Killed The Beast"), illustrant la chute finale de Kong au milieu de New York, est d'un lyrisme hollywoodien plus classique, mais aux orchestrations superbes et lumineuses, comme toujours chez Howard.
Au final, un score peu étonnant pour le registre abordé, mais redoutablement efficace, tantôt sauvage, tantôt émouvant, souvent grandiose. Un véritable tour de force pour une partition composée, enregistrée et mixée en moins d'un mois ! Chapeau bas.
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LA COULEUR DU CRIME - 2006 ![]()
Après l'aventure de King Kong, James Newton Howard revient à son genre de prédilection : le thriller. Comme a son habitude, le compositeur américain use de rythmes électro en sourdine et de piano sur fond de nappes orchestrales ("Main Title"), rappelant ainsi certains passages de Incassable (M. Night Shyamalan, 2000). Il sample diverses percussions (acoustiques ou électro) pour créer une atmosphère lourde et inquiétante, créant un cluster quasi claustrophobique d'un très bel effet, aux sonorités assez recherchées. Ne délaissant pas la mélodie pour autant, Howard signe quelques morceaux de piano caractéristiques. Le morceau "Freedomland" développe vers la moitié du disque un beau thème aérien et mystérieux, proche de ce qu'aurait pu écrire Angelo Badalamenti pour un film de David Lynch, l'orchestre étant d'abord doublé par une guitare électrique discrète, puis un lointain violon solo, laissant naître une émotion propre au style de James Newton Howard. On reconnaît là le professionnalisme sans faille du compositeur, qui sait faire naître beaucoup de choses avec peu de moyens, mais toujours avec une personnalité très présente, malgré la grande variété des films sur lesquels il officie. Entre mystère, thriller et pure poésie, cette partition de James Newton Howard est contrastée à souhait, voguant brillemment entre zones d'ombres et moments lumineux magnifiques. Si l'ensemble n'est pas aussi hautement inspiré que le sont généralement ses partitions pour les films de Shyamalan, Howard signe ici un score simple, beau et émouvant, qui demeure personnel malgré quelques facilités, le style du film n'aidant probablement pas ce dernier à repousser ses limites.
Ma note :
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LA JEUNE FILLE DE L'EAU - 2006 ![]()
près Sixième Sens (1999), Incassable (2000), Signes (2002) et Le Village (2004), quatre chefs d'œuvre de subtilité et d'émotion, le grand James Newton Howard revient sur un film de M. Night Shyamalan. Avec La Jeune Fille de l'Eau, la fusion entre les images de Shyamalan et la musique de Howard fonctionne encore une fois de plus avec une limpidité ahurissante, nous prouvant (si besoin était) à quel point l'alchimie entre image et musique peut donner sens à un film. En l'occurence, cet opus du cinéaste américain, dans la droite lignée du Village (qui explorait déjà les failles d'un système humain au travers d'un mythe, avec un écho évident au monde actuel), bouleverse la vision hollywoodienne du cinéma de divertissement (et le fameux "twist final" auquel le cinéaste nous avait habitué), avec ce conte pour enfants à la fois pessimiste (remise en doute du sens de l'écriture, de raconter des histoires) et optimiste (chacun a un rôle dans le monde, et les histoires sont peut-être la base des belles choses). Un conte merveilleux à plusieurs niveaux de lecture, difficile à admettre pour les habitués du cinéma traditionnel comme pour ceux qui auraient attendus un véritable "film-analyse" de la part de son auteur, mais qui est, il faut le reconnaître, un nouveau tour de force de mise en scène, où l'émotion surgit à chaque instant ou presque, et où la musique, une fois encore, est l'un des acteurs principaux de cette réussite.
Ma note :
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Le compositeur James Newton Howard joue le jeu du merveilleux dès les premières minutes en développant un superbe thème d'ouverture ("Prologue"), mystérieux et lumineux (avec clochettes et voix féminines), qui deviendra rapidement le thème de la nymphe. Il symbolise une forme d'espoir venue d'un pays oublié qui surgit dans le monde des hommes. On y retrouve le style répétitif du musicien déjà développé dans Signes et Le Village, et ses marques de fabrique habituelles qui font toujours mouche (piano solo et orchestrations lumineuses, denses et subtiles). Le second morceau du CD, "The Party", permet de nous rendre compte que les pistes de l'album ne sont pas dans l'ordre du film, puisqu'il s'agit ici de la musique qui illustre la scène de la fête autour de la piscine (qui survient aux trois quarts du film et non au début). Le musicien y développe pendant six minutes une ambiance sombre, d'attente, où la menace peut survenir à tout moment.
"Charades" est probablement l'une des pièces les plus intéressantes de l'album (elle apparaît dans le film dès la première attaque du monstre). James Newton Howard développe un morceau répétitif avec bois et cordes qui rappelle en tout points le style des pièces cinématographiques de Philip Glass (Kundun, The Hours), l'utilisation des flûtes et des bois y étant très similaire. Mais rapidement le morceau évolue vers un lyrisme dénué de tout second degré, où le retour du thème principal suggère la pureté absolue du personnage de Bryce Dallas Howard. L'émotion éclate. Une merveille.
"Ripples in the Pool" correspond à la rencontre entre Cleveland (Paul Giamatti) et Story, la nymphe (Bryce Dallas Howard). Entre deux ambiances sombres et mystérieuses et ses envolées lyriques uniques, James Newton Howard nous livre quelques morceaux d'action courts mais trépidants (à l'instar de Signes), rappellant par moment la saveur raffinée du Golden Age américain (on pense aux cuivres de Rozsa ou aux cordes d'Herrmann dans "The Blue World" ou "Walkie Talkie"). "Cereal Boxes" permet de retrouver une certaine candeur propre au cinéma de Shyamalan (un enfant déchiffre des boîtes de céréales) avec le retour du motif répétitif entendu dans "Charades" et du thème principal, évoquant la part mystique de l'histoire, qui prend peu à peu la tournure d'un mythe, tandis que "The Heatling" permet au compositeur de développer une nouvelle fois son talent pour les mélodies répétitives au piano, devenues l'une de ses marques de fabrique les plus facilement identifiables. Avec "The Great Eatlon", James Newton Howard clôt le film avec grandeur, en signant une impressionnante pièce d'action pour la scène finale du film, intense et spectaculaire (l'écriture des cuivres rappelant King Kong). Il n'hésite pas à doubler l'orchestre d'un choeur puissant qui reprend massivement le superbe thème principal, provoquant ainsi dans le film un sommet d'émotion rarement vu au cinéma. Le traditionnel "End Title", doux et raffiné, permet de clore paisiblement cette histoire simple et merveilleuse qu'un auteur a voulu nous transmettre après de nombreux doutes et réflexions.
L'album se clôt sur quatre chansons écrites par Bob Dylan, dont seulement une seule est réellement dans le film (au générique de fin), "The Times They Are A-Changin" (interprété par A Whisper in The Noise), qui prolonge l'ambiance du film avec une certaine naïveté (avec des choeurs d'enfants), bien que l'ensemble ne soit pas aussi inspiré que le score d'Howard, une fois de plus immanquable et plus émouvant que jamais.
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James Newton Howard parle de Hans Zimmer & Media Ventures...
Si JNH doit quelque chose musicalement à quelqu'un, c'est à Hans Zimmer. En effet, les deux compositeurs sont carrément de bons copains, puisque récemment l'un comme l'autre se remercient à travers la ditribution des "thanks to" dans les pochettes de leurs Cds ! L'un et l'autre se doivent beaucoup : pour Waterworld, JNH, en manque d'inspiration, a fait appel à lui pour lui demander des sons et autres petites notes à inclure dans ses propres partitions. Zimmer a accepté très aimablement et lui a même envoyé ses amis pour organiser le tout. Juste après, pour The Rock, Zimmer a eu besoin à son tour de sons, et donc JNH lui a renvoyé l'ascenseur. Lui et Zimmer sont depuis de vrais amis, comme en témoigne JNH : « Parfois, je compose quelque chose et je me dis que j'ai déjà entendu ça quelque part. Je pense : "Flûte ! Peut-être que c'est un truc composé par Hans !" Alors je prends mon téléphone, je lui joue le morceau et je lui demande s'il l'a écrit et souvent, il me répond : "C'est à moi !". Nous parlons beaucoup lui et moi. »
Et à propos des détracteurs de Media Ventures, JNH répond : « Je déteste ce genre de polémique, surtout lorsqu'elle est proférée par des imbéciles, ce qui est toujours le cas ! (...) Hans Zimmer a su le premier mélanger l'efficacité des percussions électro-atmosphériques à l'Art. Lorsque j'entends Gladiator, Armageddon ou Volte/Face, je reste sans voix. C'est une méthode désormais artistique au sens noble, et sur un film comme Vertical Limit, j'ai sans hésiter opté pour cette approche. (...) Media Ventures a transformé l'efficacité en Art. Evidemment, tous les films, toutes les musiques ne sont pas forcément des chefs d'oeuvres, (...) mais musicalement parlant je défie qui que ce soit de prouver que Vertical Limit ou Gladiator sont des musiques de films mineures. Je sais à titre personnel que toutes transformations nécessistent une adaptation. Il a fallu 10 ans pour ces sons soient acceptés à Hollywood, maintenant qu'ils le sont, à nous compositeurs de faire en sorte que rien ne sombre dans la facilité ».
A propos de sa partition pour Dinosaur, JNH avoue : « Toutes les parties électroniques et de percussions ont été faites avec l'équipe de Hans ! Et cela marche à merveille. Je crois que le temps d'une musique symphonique pure et dure est quelque part révolue. Ou alors, il faut s'appeler uniquement John Williams ou James Horner pour en faire une excellente musique de film. Et encore, la moitié de Titanic était électronique, sans parler de toutes les partitions quasi électroniques de Jerry Goldsmith depuis vingt ans ! ».
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