John POWELL
Pour le meilleur et pour le rire...

John Powell

    John Powell est l'auteur d'une excellente BO d'action : Face/Off (Volte-Face de John Woo, avec Nicolas Cage et John Travolta), et le co-compositeur (avec Harry Gregson-Williams) de trois superbes béos de film d'animation : Antz (Fourmiz), Chicken Run et Shrek ! Ce sont particulièrement ces dernières béos qui m'ont fait aimé ce compositeur, car elles sont l'amorce d'un style très personnel. Powell est vraiment un compositeur à part, qui a trouvé un vrai style avec Gregson-Williams, très original et très personnel, et c'est ce qui fait la force de sa musique et qui le distingue particulièrement des autres compositeurs de Media Ventures.

    Parallèlement à ses collaborations avec Harry Gregson-Williams et Hans Zimmer (avec qui il a composé le score de La Route d'El Dorado et la BO du film policier Chill Factor), John Powell a entamé une carrière solo où il a abordé plusieurs genres tels que le film dramatique, le documentaire, la comédie, ou encore le thriller ! John Powell est définitivement devenu un compositeur mûr, qui expérimente et développe un style propre qui lui assurera encore longtemps un succès tout à fait mérité auprès de très nombreux béophiles.

    Biographie de John Powell sur www.Cinezik.org

John Powell a commencé dans la musique en jouant du violon classique, dès 7 ans, avant de s'intéresser durant son adolescence à toutes les autres formes de musique, en passant par le rock'n roll et le jazz. A 18 ans, il parvient à rentrer à la Trinity College of Music de Londres grace à ses talents de violonniste, et y étudie la composition. C'est là qu'il remporte ses premiers prix et rencontre un certain Gavin Greenaway.
Pendant leurs années d'université, John Powell et Gavin Greenaway produisent des bandes pour des installations artistiques créés par l'artiste Michael Petry, qui ont été montées et exposées dans plusieurs galeries à travers l'Europe, les Etats-Unis, et le Japon, avant de recevoir leur diplôme en 1986.
En 1988, Powell & Greenaway se retrouvent à travailler pour des spots publicitaires et pour la télévision dans le studio Air-Edel de Londres. C'est là qu'ils rencontrent les compositeurs Patrick Doyle et Hans Zimmer. John Powell devient alors assistant de Doyle sur Into The West, puis de Zimmer sur White Fang.

Alors qu'en 1990 Hans Zimmer s'en va fonder son studio MEDIA VENTURES à Los Angeles, John Powell et Gavin Greenaway restes à Londres et continuent à composer de nombreuses musiques pour la pub et la télévision. Powell compose notamment les musiques de quelques documentaires de la BBC, et pour un film français intitulé " Les Escarpins Sauvages ", qui lui vaudra une récompense au Festival du film de Villeurbanne.

En 1995, John Powell et Gavin Greenaway quittent Air Edel et fondent leur propre studio de création musicale, Thinking Music (ITM) où tous deux composeront les musiques d'une bonne centaine de spots publicitaires, pour Coca-Cola, Ford, Sega, BMW, etc..., ainsi qu'un opéra : "An Englishman, Irishman and Frenchman". ITM collaborera également avec le studio parisien " Vol De Nuit " à des spots publicitaires et à des films indépendants.

Enfin, en 1997, John Powell et Gavin Greenaway décident d'aller rejoindre Hans Zimmer aux Etats-Unis au sein du studio MEDIA VENTURES. Greenaway devient alors assitant-compositeur auprès de Zimmer sur LE PACIFICATEUR, tandis que John Powell se voit carrément confier la mise en musique du film d'action VOLTE/FACE, de John Woo.
Cette chance est la conséquence de la déferlante de demandes qui a submergé le studio Media Ventures pour mettre en musique les films d'action hollywoodiens du moment, après les succès de Hans Zimmer sur USS ALABAMA en 1995, puis ROCK et BROKEN ARROW en 1996. Ne sachant plus où donner de la tête, Zimmer recrute donc une grande quantité de nouveaux talents pour mettre en musique tous ces films et ainsi propulser sur le devant de la scène hollywoodienne les petits nouveaux de MEDIA VENTURES.
Avec VOLTE/FACE, John Powell signe une BO d'action très inspirée, classique mais extrêmement efficace, dans la style de Hans Zimmer ; c'est tout ce qu'on lui demandait ! On y décèle cependant un début de style, bien à lui, qu'il aura justement l'occasion de développer plus tard grâce à ce tremplin de premier choix vers Hollywood.

En 1998, il travaille avec Hans Zimmer sur LA LIGNE ROUGE, de Terence Malick, et compose l'un des morceaux du CD. Le même Terence Malick lui propose alors de créer la musique d'un documentaire qu'il produit, intitulé ENDURANCE, qui raconte l'histoire vraie du champion olympique éthiopien Haile Gebreselassie. Le résultat est une musique encore une fois très inspirée, dans lequel il mélange les sonorités africaines, arabes et européennes, et où il est donc bien loin des percussions et des violons de VOLTE/FACE.

En 1999 et 2000, John Powell s'allie avec Hans Zimmer pour composer deux BO radicalement différentes : la première est destiné à un film policier qui est presque passé inaperçu intitulé CHILL FACTOR. Un score introuvable dans le commerce, mais que l'on peut apprécier dans le film comme une suite du style d'action de Volte/Face, allié à quelques thèmes très beaux dont on ne sait pas vraiment s'ils sont de Zimmer ou de Powell.
Enfin, le second projet issu de la collaboration Zimmer/Powell n'est autre que le film d'animation de Dreamworks du moment : LA ROUTE D'ELDORADO. Un score plein d'idées et bourré de thèmes sympathiques, mais malheureusement peu aisé à écouter en CD car la proportion de score publié sur l'album officiel est ridicule : 3 pistes seulement, contre 10 chansons signées... Elton John (sic).

Cependant, dès 1998, John Powell entame une autre collaboration (bien plus longue et fructueuse) avec Harry Gregson-Williams, également nouvelle recrue de MEDIA VENTURES depuis ROCK (1996). Ensemble, il se voient proposer la mise en musique de FOURMIZ, le premier film en images de synthèse des studios d'animation Dreamworks (créé par Spielberg), dont Hans Zimmer est désormais le directeur musical.

Ce duo de choc va presque révolutionner la musique de film d'animatiojn, en enchaînant par la suite avec CHICKEN RUN en 2000 et SHREK en 2001. Des partitions toutes aussi inspirées les unes que les autres, où le talent mélodique de Powell se complète à l'orchestration délirante de Gregson-Williams. De véritables bijoux d'humour et d'émotion sont nés de ce duo qui n'est déjà plus qu'un souvenir, sauf grosse surprise. Les deux compères continuent chacun leur carrière solo en composant séparément pour le cinéma d'animation. Tandis que Powell mettra prochainement en musique ROBOTS de Chris Wedge (le réalisateur de L'Âge de Glace), prévu pour 2005, Gregson-Williams, après avoir assuré seul la BO de SINBAD en 2003, composera également en solo le score de SHREK 2 en 2004.

Mais entre temps, John Powell n'a pas attendu pour faire cavalier seul en commançant dès 2001 à écrire pour plusieurs genres du cinéma traditionnel, et notamment la comédie (satirique, romantique, et dramatique). Il compose d'abord le score d'EVOLUTION pour le film délirant et léger d'Ivan Reitman, qui s'avère être un énorme délire musical tout aussi déjanté que le film, puis JUST VISTING, qui n'est autre que "Les Visiteurs en Amérique"...
Dans le même esprit, il compose ensuite le score délirant de RAT RACE (une comédie satirique sur l'appât du gain), musique très rythmée et pleine d'humour et de clins d'oeil en tout genres.
Toujours en 2001, il écrit également le score de I AM SAM (Sam, je suis Sam), comédie dramatique avec Sean Penn, où il déploie tout son talent pour produire de l'émotion sans pour autant tomber dans le sentimentalisme. On retrouve dans cette BO son instrument favori : la guitare sèche, utilisée parfois même de manière assez expérimentale, ce qui est assez sympathique.

En 2002, il signe une partition électro assez expérimentale pour THE BOURNE IDENTITY (La Mémoire dans la peau), où il charcute les notes et les rythmes pour symboliser l'amnésie du personnage incarné par Matt Damon. Assez décousu, donc, mais c'est logique, et le résultat demeure assez intéressant.

En 2003, John Powell continue d'explorer plusieurs genres cinématographiques, comme le film d'espionnage (THE ITALIAN JOB, Braquage à l'italienne) ou la comédie romantique (L'AMOUR SANS PRÉAVIS, AMOUR TROUBLE...), avant de retrouver John Woo sur PAYCHECK (avec Ben Affleck et Uma Thurman, d'après une nouvelle de Philip K. Dick). Un certain retour aux sources, avec une score d'action bien ficelé, qui ne délaisse pas pour autant le côté plus étonnant et expérimental de ses précédents travaux, qui mêlait déjà orchestre et sonorités synthétiques. Dans la même lignée, il signe en 2004 le score de THE BOURNE SUPREMACY (la suite de La Mémoire dans la Peau), en introduisant des mélodies toujours plus inspirées au coeur d'une partition bourrée de sons électroniques étonnants. A vrai petit bijou !

Il ne fait désormais nul doute que John Powell est l'un des compositeurs phares du genre "électro-orchestral", sachant parfaitement "marier" le gros orchestre et les mélodies faciles avec des sonorités électroniques sourdes et brutes, et des rythmes synthétiques divers. A suivre de très près, donc !

Lire une interview de John POWELL par Dreams Magazine


Hans Zimmer et John Powell (à droite) lors de la répétition générale du concert de Zimmer à Gand (Belgique)
le 10 Octobre 2000. Il y interpréta le "Main Titles" de Chicken Run en compagnie de l'orchestre !
Pour la petite histoire, cette photo a été prise par votre humble serviteur, l'auteur de ce site...

VOLTE/FACE - 1997
Volte-Face

    Face/Off (Volte-Face) est la première et unique BO d'action de John Powell. Et bien que désormais, son style est plutôt approprié à la comédie, il n'empêche que cette partition de musique d'action (essentiellement), est excellente, à l'image du style de Hans Zimmer dans le genre. Superbe thème héroïque, choeurs, rythmes dynamiques, passages d'action complexes et réussis : ça reste un béo d'action, mais elle a l'avantage d'en être une très bonne (comme le film de John Woo, un peu pompeux par moments mais très finement stylisé et très intéressant). Ça fonctionne très bien dans le film, et sur le CD ça passe tout seul...
    On notera également la présence d'un thème très doux, magnifique, l'un des plus beaux composés par Powell (cf. dernière piste). Magnifique.
    Pour résumer, une excellente BO d'action, comportant malgré tout quelques passages doux superbes : toute les qualités de l'écriture de Zimmer, mais c'est pourtant du John Powell !! Rien d'original, donc, mais le résultat est efficace et on prend plaisir à l'entendre. Un score très abouti stylistiquement pour le "premier pas" de John Powell à Hollywood. Vraiment surprenant, et très prometteur déjà à l'époque.

    Ma note :

Chicken Run

CHICKEN RUN - 2000
Chicken Run

    Que dire sur cette partition sinon qu'elle respire la bonne humeur, la joie, le suspense, l'action, et l'héroïsme à la fois ? Une musique riche, dynamique, entraînante ! On y trouve tous les genres de la BO, du thème principal dédié au héros jusqu'aux passages de suspense, d'action, et aux gags en tout genres ! L'écoute de cette musique est un voyage extraordinairement plaisant dans l'univers des poulets déjantés de CHICKEN RUN ! La partition de Powell & Gregson-Williams est d'une excellente qualité, très bien maîtrisée, et exploitant des genres très éclectiques (on retrouve des accents de Jazz et de Rock'n Roll des années 1960 tout comme des passages orchestraux aux styles très différents). Powell & Gregson-Williams entrent véritablement dans un style à part, d'une originalité incomparable et d'une extrême richesse, comme l'avait déjà démontré Antz, leur précédente partition commune sur un film d'animation. CHICKEN RUN est la vraie confirmation de leur talent et de leur aptitude à se démarquer du style de leur mentor - Zimmer - tout en sachant conserver (et améliorer) un style très personnel. Je vous assure que chaque piste du CD est une vraie merveille, une nouvelle découverte. Aucune n'est superflue ou a du mal à s'intégrer au reste de l'album, dont l'unité reste exemplaire. Ça bouge, ça swingue, c'est émouvant, c'est génial ! L'une des meilleures béos de l'année 2000. Film à voir et BO à avoir..

    Ma note :

EVOLUTION - 2001

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

SAM, JE SUIS SAM - 2001

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note : 1/2

RAT RACE - 2001

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note : 1/2

LA MÉMOIRE DANS LA PEAU - 2002

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

PAYCHECK - 2003

    Après avoir mis en musique de manière inattendue les trous de mémoires de Matt Damon dans LA MEMOIRE DANS LA PEAU (2002), John Powell continue d'explorer avec brio la thématique de la mémoire (mais avec cette fois-ci l'exécrable Ben Affleck, pas de chance), développant ainsi un vrai style pour le sujet, où les rythmes et les motifs vont et viennent au gré des souvenirs du personnage. Un score qui se construit et se déconstruit en permanence, grâce à une multitude de thèmes et de rythmes différents, ce qui fait de PAYCHECK l'un de ses scores les plus inspirés de ces dernières années !
    John Powell se renouvelle tout en conservant son style d'action désormais légendaire, mêlant accords puissants de l'orchestre et rythmes synthétiques trépidants : ça bouge, ça part dans tous les sens, on ne s'ennuie pas une seconde ! Une partition millimètrée pleine de thèmes et de rebondissements, à la construction décidément originale. Une excellent score, qui, une fois n'est pas coutume, devient plus intéressant que le film bordélique (et finalement assez raté) de John Woo, malgré les excellentes idées de départ du légendaire auteur de SF Philip K. Dick (Blade Runner, Total Recall, Minority Report...). Une musique efficace et agréable à écouter = CD à avoir !

    Ma note :

LA MORT DANS LA PEAU - 2004

    Critique en cours... Merci de revenir bientôt !

    Ma note :

MR. & MRS. SMITH - 2005

    Si l'on devait trouver une petite perle musicale dans le flot de musiques de films hollywoodiennes entendues mille fois, pour un film pourtant ouvertement commercial mais ambitieux, alors la musique originale de MR. AND MRS. SMITH se placerai sûrement dans les premières positions.
    John Powell est un musicien fou : chacune de ses BO est un vaste champ d'expérimentation musicale, avec néanmoins le constant souci de l'efficacité à l'image, attention particulière qu'il tient de son passage au studio Media Ventures de Hans Zimmer, qui l'a amené à créer des musiques comme celles de VOLTE/FACE et PAYCHECK pour John Woo, ou les deux volets de BOURNE pour Doug Liman, réalisateur de ce MR. AND MRS. SMITH, en passant par quelques chef d'oeuvre de musiques de film d'animation comme FOURMIZ, CHICKEN RUN ou SHREK (en compagnie de Harry Gregson-Williams, autre excellente ex-recrue du même studio - auteur de la sublime musique de KINGDOM OF HEAVEN)...

    Ma note : 1/2

Surfant avec une aisance déconcertante entre le folk, l'easy-listening, le jazz, le rock, l'électro et l'orchestre symphonique, John Powell étonne à chaque morceau. Aussi varié et entraînant que l'album de KILL BILL, le score de MR. AND MRS. SMITH est bourré de fantaisie, rythmé, développant d'innombrables mélodies malicieuses et de sonorités originales et inattendues, comme pour décrire le mic-mac infernal du couple Smith dans leurs activités secrètes respectives. Le CD s'ouvre sur le thème principal du film, mêlant guitare sèche, guitare électrique et accordéon (oui oui, vous avez bien entendu)... On pense parfois aux sonorités d'un Gotan Project (pour les parties de tango), mais globalement, John Powell impose un style bien à lui, qui s'affine de musique en musique (son utilisation des percussions, des cordes et des cuivres lui est déjà très personnelle).

Pourtant, si le score dévoile surtout au début de nombreux morceaux légers, John Powell reste un spécialiste des musiques musclées, et il nous le fait entendre. Utilisant les cuivres et les percussions comme personne, il nous délivre quelques trépidants morceaux d'action électro-orchestraux ("Minivan Chase"), dans la grande tradition des musiques d'espionnage moderne (il est d'ailleurs communément admis aujourd'hui que John Powell aurait bien la trempe - et le style qui va avec - pour succéder à David Arnold afin de composer les musiques d'éventuels prochains James Bond)... Pour autant, Powell ne cède jamais à la facilité, n'hésitant pas à recourir à une approche parfois plus radicale (le morceau "Kiss and Make Up" et son solo de percussions).

Après nous avoir époustouflé avec la musique de PAYCHECK (qui comporte davantage d'idées que le film lui-même), puis après avoir expérimenté de nombreuses sonorités électro-symphoniques efficaces sur la série de Jason Bourne (LA MEMOIRE DANS LA PEAU / LA MORT DANS LA PEAU), John Powell renouvelle et affine une fois de plus son style musical, sur une production dont, pourtant, on n'attendait pas beaucoup d'originalité. Et chacun sait que pour imposer sa personnalité à Hollywood, ce n'est pas une mince affaire (surtout dans le domaine parfois ultra-formaté de la musique de film américaine)... John Powell est pourtant bel et bien de ceux qui sont en train d'ouvrir une nouvelle voie dans la musique de film contemporaine, comme John Williams (Jaws, Star Wars) ou Hans Zimmer (Rain Man, Black Rain, Le Roi Lion) en leur temps...

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