Howard Shore
Howard Shore est né le 18 octobre 1946 à Toronto (Canada).
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Howard Shore est d'abord connu pour être le compositeur atitré du réalisateur David Cronenberg. Tous deux canadiens et passionnés de cinéma, leur rencontre peut se comparer à celle de Tim Burton et Danny Elfman : un univers commun très imaginatif et très personnel, où le glauque domine ! C'est un tandem inséparable durant plus de 25 ans, sur des films tels que Chromosome 3 (The Brood - 1979), Scanners (1980), Videodrome (1983), La Mouche (The Fly, 1986), Faux-Semblants (1988), Le Festin Nu (Naked Lunch, 1991), Crash (1994), eXistenZ (1999), Spider (2002), et A History of Violence (2005).
Howard Shore a également collaboré plusieurs fois avec David Fincher (Se7en, The Game, Panic Room), ainsi qu'avec Martin Scorsese (Gangs of New York, The Aviator).Mais Shore est désormais ultra-connu pour être le compositeur d'une trilogie récente déjà mythique : Le Seigneur des Anneaux ! La musique du premier opus, composée en 2001, a été unanimement acclamée par les amateurs de BO et récompensée par les Oscars : c'est effectivement un véritable chef d'oeuvre de la musique de film ! Pour beaucoup, c'est de loin la meilleure partition de l'année 2001 (et je le pense aussi !). Le seconde partition, parue en 2002 est dans la droite lignée de la première, en plus sombre et plus épique encore. On ne pensait pas comment Shore aurait pu faire mieux, mais il l'a fait ! Avec le Retour du Roi (2003), il a confirmé logiquement son investissement et son inspiration géniale sur la trilogie de Peter Jackson, avec une BO qui atteint des sommets dans l'émotion et la cohérence stylistique, comme le film. Howard Shore en a profité pour rafler deux autres statuettes aux Oscars 2004 (meilleure BO et meilleur chanson), parmi les 11 reçues par l'ensemble de la production du Retour du Roi ! Trois Oscars pour un compositeur d'une même trilogie, c'est du jamais vu, même pour John Williams, pourtant abonné aux trilogies (et aux Oscars) ! Cependant, sa collaboration avec Peter Jackson s'en arrêtera là pour le moment, le réalisateur néo-zélandais ayant décidé de remplacer sa musique pour KING KONG par celle de James Newton Howard.
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Le 16 avril 2004, Howard Shore a donné en concert la Suite Symphonique (en 6 mouvements) du SEIGNEUR DES ANNEAUX au Sportpaleis d'Anvers, en Belgique ! Inspiré de ses oeuvres originales pour La Communauté de l'Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi, ce concert, organisé dans le cadre du Festival du Film de Gand, fut l'occasion pour nous de voir maître Shore diriger sa musique pour la Terre du Milieu, avec un orchestre et des choeurs plutôt bons.
Cliquez ici pour lire le compte-rendu et voir les photos !
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LA MOUCHE - 1986 ![]()
Parmi les premiers scores de Shore pour Cronenberg, The Fly (La Mouche) est typique du style de Shore à ses début. Le CD débute par un "Main Title" très impressionnant, suivi de morceaux angoissants qui sont devenus par la suite le style même de Shore pour le réalisateur canadien. Accords sombres et violons graves sont le maître mot de cette partition qui développe déjà le style de Shore pour les 10 années suivantes. Si malheureusement le CD original de Varèse Sarabande est aujourd'hui difficile à trouver, on peut redécouvrir l'intégralité de ce score sur le double-CD "THE FLY / THE FLY II" édité en 2005 par Varèse Sarabande (qui propose aussi l'excellente partition de Christopher Young pour LA MOUCHE 2), et qui demeure facile à trouver ou à commander. A découvrir !
Ma note :
1/2
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LE SILENCE DES AGNEAUX - 1991 ![]()
Premier chef d'oeuvre d'Howard Shore, Le Silence des Agneaux est une BO complètement à fond dans le style de Shore : glauque, glaciale, parfois difficile (l'orchestration y est déjà très maîtrisée, 10 ans avant Le Seigneur des Anneaux !). Mais c'est ce qui convient le mieux à cet excellent film (oscarisé) de Jonathan Demme, très psychologique (à l'inverse de l'Hannibal de Ridley Scott, tout aussi beau mais dans un autre style). L'ambiance, mise en place par Howard Shore grace à de superbes et profondes envolées continues de cordes, se fond parfaitement aux images froides et crues du film, et à l'interprétation sans faille de Jodie Foster. Un film impressionnant, une musique quasi-parfaite...
Ma note :
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ED WOOD - 1994 ![]()
L'unique faux-pas de la collaboration Burton / Elfman, qui donna donc naissance à une partition d'Howard Shore pour un film de Tim Burton... Plutôt intriguant et inédit ! Alors que Shore semblait abonné depuis des années aux musiques sombres et glaciales, le voilà qui part complètement dans le délire de Burton et délivre une musique survoltée, joyeuse, parodique et émouvante, en illustrant les exploits du réalisateur Edward Wood Jr. sur fond de musique des années 40, qui ne sont pas sans rappeler le score de Bernard Herrmann pour le film fantastique "Et lorsque la Terre s'arrêta de tourner"... Un score très sympathique et très étonnant, donc, qui ravira les amateurs de Burton tant on y retrouve l'ambiance du film. Un pur moment de bonheur !
Ma note :
1/2
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THE YARDS - 2000 ![]()
Certainement le moins connu des meilleurs scores d'Howard Shore ! Tout comme le film, rien n'est attirant : pour résumer, c'est sombre. Sauf que Shore contourne la facilité de faire une nouvelle BO dans le style qu'il utilise habituellement pour Cronenberg en créant une musique finalement magnifique, sombre mais mélodique de bout en bout, où les nappes de l'Orchestre Philarmonique de Londres s'ajoutent aux solos de hautbois. Après une ouverture magistrale reprenant le superbe thème langoureux de Saturne, des Planètes de Gustav Holst, Howard Shore signe une partition très atmosphérique, dans la droite lignée orchestrale dans la pièce de Holst, qui est définitivement le compositeur classique qui aura le plus inspiré les compositeurs de musique de film ! Les thèmes sont nombreux mais subtils, l'orchestration massive mais discrète. Les nappes nous enveloppent, pour mieux nous submerger d'émotion et d'effroi face aux images glaciales et sombres du film de James Gray. Une partition envoûtante et simplement magnifique, qui permet à Shore d'accoucher d'une oeuvre radicalement différente ce qu'il avait fait auparavant sans pour autant trahir son style ou sa démarche artistique. A découvrir absolument !
Ma note :
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ESTHER KHAN - 2000 ![]()
Critique en cours de rédaction ! Merci de revenir très bientôt !
Ma note :
1/2
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THE SCORE - 2001 ![]()
Petit excercice de style avant d'attaquer la trilogie de Peter Jackson, ce score étonnant signé Howard Shore pourrait être (littéralement) résumé à une musique minimaliste et simpliste pour illustrer les images d'un film d'action et de suspense sur lesquelles on aurait attendu autre chose. Avec ça, une ambiance jazzy pour une film de braquage, c'était osé ! Et pourtant, c'est extrêmement efficace ! Avec un motif de 6 notes seulement, Shore développe suffisamment bien sa partition pour tenir le spectateur en haleine le temps des scènes clés du film, tout en laissant planer une ambiance lourde et inquiétante au fur et à mesure de l'avancement de l'histoire. Son orchestration est également très intéressante, alliant instruments de Jazz (basse, trompette en sourdine...) avec un orchestre des plus classiques, où les cordes massives rappellent le style bien particulier d'Howard Shore. Un score à la fois agréable et étonnant : on en demandait pas mieux d'un compositeur toujours aussi électique et à l'aise dans tous les genres, si bien qu'il expérimente avec succès toutes formes de mises en musiques. Et malgré la redondance quasi-obsessionnelle du thème de 6 notes, le tout fonctionne à merveille, et on ne s'en lasse pas !
Ma note :
1/2
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PS : il existe plusieurs versions de la pochette du CD (une avec chaque personnage principal du film) !THE FELLOWSHIP OF THE RING
(Le Seigneur des Anneaux : La Communauté de l'Anneau) - 2001
Edité par Reprise Records/WMG Soundtracks
18 pistes - Durée : 71 min 22 s.A ne pas confondre avec Le Silence des Agneaux (1991), Le Seigneur des Anneaux (The Lord of The Rings) marque un nouveau tournant dans la carrière de Shore, qui jusque là, bien que participant à certains films d'Hollywood, n'avait jamais composé pour un projet aussi énorme et populaire. Succès mis à part, je ne parlerai pas en détail du projet fantastique entreprit par Peter Jackson. Le résultat est plus qu'honorable : une adaptation ultra-fidèle, c'est tout ce qu'on demandait. C'est parfait. Musicalement par contre, c'était la grande surprise : comment Shore allait-il illustrer la "Terre du Milieu" de J.R.R. Tolkien avec son orchestre symphonique ?
Ma note :
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Pour le bonheur de tous, excellente surprise : voilà une BO d'une richesse extrême, très fouillée, à l'orchestration impressionnante. Thématiquement très bien construite, l'ensemble est très mélodique, tantôt guerrier (les cuivres sont superbes), tantôt doux (une once de musique celtique marque le côté très campagnard des Hobbits). Mais heureusement, Shore n'est jamais tombé dans la facilité, ce qui rend la partition d'autant plus intéressante au fil des écoutes. Certains thèmes sont clairs et facilement mémorisable : le thème de la communauté est typique des films d'aventures et, bien qu'il n'ai pas connu le même succès, certains n'hésitent pas à le comparer avec le thème principal de Star Wars ! C'est dire... Autre thème important : celui des hobbits, et en particulier de Sam & Frodon, les deux inséparables de la trilogie. Ce thème se transformera à la fin de La Communauté en un magnifique thème d'amitié entre les deux hobbits, et qui donnera naissance à un morceau de 7 minutes qui est à mon avis l'un des plus beaux du CD (The Breaking of the Fellowship). D'autres motifs plus discrets résonnent néanmoins comme des thèmes dans le film : les rythmes soutenus illustrant l'Isengard et les Ourouk-Haï, ou les choeurs Maori dans la Moria. Les Elfes, évidemment, ont droit à leurs motifs propres : très doux, mélancoliques et atmosphériques, ils illustrent à merveille cette lumière en train de s'éteindre qu'est le peuple Elfe à ce moment de l'histoire. Enfin, un thème encore plus subtil apparaît de temps en temps au court du film (mais est très peu présent sur le CD) : celui de l'Anneau. L'Anneau qui siffle, qui parle, qui envoûte... Un thème discret mais bel et bien présent, tout comme l'attirance de l'Anneau, pourtant invisible, est néanmoins très forte sur les personnages.
Comme les meilleures compositions de Williams ou de Zimmer, cette partition est à la fois populaire (avec des thèmes grandioses et magnifiques), et très complexe en même temps... On pourrait en parler des heures, mais je résumerai en disant que c'est tout simplement l'une des musiques les plus enthousiasmantes et les plus inspirées depuis des années. Ce premier opus développe les thèmes fondateurs de la trilogie de Peter Jackson et illustrent parfaitement les enjeux principaux de l'histoire. Un chef d'oeuvre incontournable, à considérer réellement comme le Premier Acte d'un Grand Opéra d'Howard Shore.
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Le petit Howard Shore, qui a reçu un joli Oscar en Mars 2002 pour LA COMMUNAUTÉ DE L'ANNEAU
(en attendant les deux suivants pour LE RETOUR DU ROI, reçus en Mars 2004)...
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PANIC ROOM - 2002 ![]()
Entre deux partitions pour Peter Jackson, Shore s'amuse à faire quelques exercices de style en compagnie de David Fincher, le réalisateur pour lequel il a déjà signé les partitions de Se7en et The Game.
Malgré les maigres 30 minutes du CD, l'essentiel du score de Shore pour le thriller de David Fincher est là et bien là : musique sombre, à l'orchestration massive, illustrant parfaitement l'angoisse et la clostrophobie de Jodie Foster et de sa fille dans leur maison en train d'être cambriolée. Panic Room est un exercice de style de Fincher, et Shore en fait de même avec sa musique. Ceci a l'inconvénient de produire une musique pas du tout grand public, mais le gros avantage de donner naissance à un score très intéressant et très puissant par rapport à l'image (souvenez-vous de Shining de Kubrick !). Les cordes de Shore glissent avec fracas, produisant des sonorités métalliques du plus bel effet pour faire ressentir des frissons au spectateur. Les cuivres quand à eux, plus mélodiques (mais quand même très sombres) donnent le rythme par rapport à l'image. Un score très fort, donc, qui ravira les amateurs de musique de thriller pur et dur.Ma note :
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THE TWO TOWERS (Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours) - 2002
Edité par Reprise Records/WMG Soundtracks
19 pistes - Durée : 72 min 48 s.L'édition collector comprend une 20ème piste bonus (Farewell to Lorien, issue de la version longue DVD du premier film). C'est pour le moment la seule piste éditée des musiques supplémentaires composées par Shore pour le DVD, en attendant le coffret du score complet de la trilogie prévu pour... l'automne 2004 !
En un mot : Le numéro bis, plus sombre que le premier opus, est à la hauteur des espérances de chacun. Un must du genre !
Ma note :
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Plus sombre et plus épique que The Fellowship of the Ring, The Two Towers est un must incontesté de la musique de film, regorgeant d'idées et de thèmes, et dépassant par là même les images de Peter Jackson, ce qui rend le film véritablement impressionnant. Il n'y a plus aucun doute possible qu'Howard Shore a toujours été le compositeur idéal pour cette partition, et qu'un Horner, un Zimmer ou un Williams l'auraient probablement rendu trop insipide ou décalée. Shore, qui connait parfaitement son sujet, approfondit ses thèmes, en développe de nouveau, tout en restant dans la continuité logique du premier épisode : on retrouve la même orchestration, les même sonorité par moment, et en même temps on découvre vraiment une nouvelle partition, qui par certains côté n'a rien à voir avec la première ! Tout est parfait, donc. Les thèmes, évidemment, sont magnifiques, l'orchestration est toujours aussi impressionnante, les choeurs superbes et placé au bon moment...
La séquence d'ouverture, bien que très courte, est sans aucun doute l'une des plus impressionnantes jamais vues au cinéma. Shore reprend ici les rythmes sourds et les choeurs Maori propres à l'ambiance de la Moria qu'il avait développé dans le premier opus. Monumental. Suit la scène de la rencontre de Frodon & Sam avec Gollum, très mouvementée (tout comme la partition). S'enchaîne alors le nouveau thème de ce second opus : celui des Rohirrim, les cavaliers du Rohan, thème central des Deux Tours et qui résume la grandeur des hommes tout autant que leur volonté de se défendre contre l'ennemi. Un très beau thème digne des plus grandes partitions de musique de film : et celle-ci en est assurément une. Suivront les passages doux et mélancoliques illustrant le départ des Elfes et l'amour impossible entre Arwen et Aragorn, puis les passages monumentaux des batailles du Gouffre de Helm et de la prise d'Isengard par les Ents. Cette dernière séquence est illustrée par une musique de Shore plus puissante que jamais, aux cuivres dévastateurs, à l'image des hommes-arbres qui se rebellent enfin contre le traître Saroumane.
Après quelques autres morceaux tout aussi intéressants les uns que les autres, dont certains rappellent ouvertement le style de Shore à ses débuts (notamment le passage du Lac Interdit, où Gollum est illustré par un motif à la fois clair et sombre qui montre toute la dualité du personnage), le CD se clôt sur une chanson belle et surprenante, où retentit la voix lancinante d'Emiliana Torrini, pour le personnage de Gollum, sûrement la plus grande réussite du film et aussi l'un des personnages les plus intéressants de la trilogie de Tolkien. Pas de doute, la complexité du personnage est là et tous les enjeux sont remis en cause. On ne pouvait pas finir le CD plus en beauté, en attendant le dénouement final.Rien à redire, la démarche du compositeur se fond à celle du réalisateur : donner vie à une histoire, oui, mais plus que ça, lui donner vie à travers le cinéma, et non pas en illustrant simplement un roman, aussi bon soit-il. La musique de la Terre du Milieu dépasse tout ce qu'on pouvait imaginer. Plus sombre que le premier opus, mais aussi plus accessible que le volet final, cette BO est le juste milieu entre musique de film populaire regorgeant de thèmes et le score sombre et complexe qui a fait le style de Shore. A avoir absolument.
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Pochette de la version simple de la BO du RETOUR DU ROI.THE RETURN OF THE KING (Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi) - 2003
Edité par Reprise Records/WMG SoundtracksLa trilogie se clôt comme prévu avec un score monumental, subtil et nostalgique. A posséder comme les deux précédents !
Au menu : quatre éditions différentes. Une édition simple avec 19 titres. Une édition avec les deux autres BO sous forme de coffret trilogie collector 28 eurospour 3 Cds c'est une bonne affaire pour ceux qui n'ont pas les premiers Cds), une édition collector CD + DVD (un peu chère pour le contenu), comprenant un documentaire de 20 min avec Howard Shore (le making-of de la musique) et un trailer de 5 min sur les trois films, et enfin une version "on-line" à télécharger (après paiement bien entendu) sur le site officiel, avec des bonus exclusifs.
Ma note :
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Après les chef d'oeuvres qu'étaient La Communauté de l'Anneau (2001) et Les Deux Tours (2002), il était logique que le volet final de la trilogie de Peter Jackson se voie gratifiée d'une BO tout aussi magistrale. Howard Shore avait prouvé l'année passée qu'il était parvenu avec brio à reprendre les thèmes fondateurs de son oeuvre, présentés dans La Communauté... pour les réorchestrer subtilement dans Les Deux Tours, en y introduisant de nouveaux thèmes et en produisant une ambiance générale malgré tout très différente. Le premier opus est grandiose et présente les thèmes, le second est sombre et épique, tandis que le troisième et dernier opus est à la fois majestueux (c'est le retour du Roi du Gondor !), épique (la bataille monumentale du Pelennor) et nostalgique (telle la fin de la trilogie). Shore ne déroge donc pas à la règle, et a composé une BO digne de ce que l'on pouvait attendre de lui sur ce film : une BO grandiose, qui développe et clôt les thèmes déjà exposés, tout en innovant d'un autre côté.
Pour développer tous ces thèmes et ses idées, Shore a utiliser tous les moyens à sa disposition pour écrire un score d'une ampleur digne de l'oeuvre finale de la trilogie de J.R.R Tolkien : à l'orchestre symphonique massif habituel viennent donc s'ajouter des choeurs (tantôt doux, tantôt monumentaux), et des solistes déjà vus (Ben Del Maestro ou Renée Flemming, aux voix ensorcelantes), ou au contraires imprévus : on a ainsi droit à un passage soliste magnifique interprété par Billy Boyd en personne (la scène où Pippin chante pour Denethor), ainsi qu'un autre de Viggo Mortensen (pour la scène du couronnement d'Aragorn).
Ces deux introductions solistes, au-delà de l'anecdote, viennent renforcer l'idée que les personnages sont bel et bien le coeur même de l'histoire, et que la musique, et plus particulièrement le chant, sont des éléments fondateurs de la culture de la Terre du Milieu. Si les films en comportent quelques uns (notamment les versions longues DVD), le livre quand à lui rassemble des dizaines de chansons originales qui parsèment régulièrement les pages du récit. A l'instar des dialogues originaux entendus dans les films, tous les chants et choeurs de la musique composée par Howard Shore sont interprétées dans les langues de la Terre du Milieu (elfique, nain, langues traditionnelles du Rohan ou du Gondor, etc...), avec la collaboration de spécialistes des langues inventées par Tolkien.Du côté de l'instrumental, et en particulier des thèmes, c'est le déluge total ! Rarement on avait pu entendre une aussi grande richesse mélodique et thématique dans une seule BO. En faisant attention, ou pouvait déjà déceler dans les premiers films quelques thèmes du Retour du Roi en filigranne (notamment le thème de Gondor, utilisé dans la bande-annonce du film, que l'on entend pour la première fois pendant le conseil d'Elrond dans le premier film, puis une seconde fois dans la version longue des Deux Tours, lors du discours de Boromir). Ce thème majestueux est tout simplement l'hymne du Gondor, le royaume des hommes, qui va retrouver son roi dans le dénouement de la trilogie en la personne d'Aragorn. Ce thème est doublé d'un autre, apparaissant presque aux mêmes moments, et qui structure "Into the West", la chanson de fin, interprétée par l'occasion par Annie Lennox. Sa voix est belle, la musique magnifique, et bien que l'ensemble sonne plus "pop" que les chansons clôturant les deux films précédents, le côté nostalgique du départ vers l'Ouest est très bien rendu. Probablement la moins belle des trois chansons de la trilogie, mais au demeurant tout aussi efficace que les autres.
Hormis ces nombreux thèmes, le disque n'est pas en manque de passages d'actions trépidants. Le morceau intitulé "Shelob's Lair" est l'exemple le plus marquant de cette nouvelle série de morceaux orchestraux lourds et complexes qui ont déjà fait la renommé de Shore auprès de Cronenberg ou Fincher. Des cordes furieuses rythment ce passage grinçant et angoissant illustrant l'affrontement tant attendu entre Sam et Arachne, l'araignée géante gardienne du sombre passage de Cirith Ungol. Un pur moment d'action qui régalera des amateurs du genre, parfois laissés sur leur faim avec les deux BO précédentes, qui comportaient davantage de morceaux "plus faciles d'accès".
Enfin, le final magistral est illustré par "The End of All Things" qui, comme le laisse entendre le titre, est un passage purement apocalyptique d'une puissance absolue... Des choeurs et des percussions d'une puissance à couper le souffle illustrent le paroxysme de la fureur de Gollum et la puissance de l'anneau sur les personnages au moment crucial de l'histoire. Probablement le morceaux le plus impressionnant de la trilogie, le plus efficace, même si c'est également le plus attendu pour une scène finale de cette envergure. Mais on n'attendais pas autre chose.
Pour terminer, "The Return of the King" est une suite de 10 min des principaux thèmes de la trilogie du Seigneur des Anneaux : reprise du thème du Gondor, et réapparition du thème campagnard des Hobbits : après la pluie, le beau temps !
En résumé, la BO du Retour du Roi est un subtil mélange de morceaux sombres ou atmosphériques (The Steward of Gondor), de passages violents (Shelob's Lair), ou au contraire doux et tristes (The Grey Heavens), avec un soupçon de musique épique pour les moments forts (The Fields of the Pelennor, The End of All Things). En introduisant des passages nostalgiques et des chants solistes au coeur même de la guerre, la musique d'Howard Shore devient cette lumière persistante qui plane tout au long d'un récit pourtant sombre et tragique. L'idée de Seigneur des Anneaux, c'est de montrer qu'il y a toujours de l'espoir, même quand tout semble perdu d'avance. Et que si la guerre est injuste, bête et cruelle, c'est un passage douloureux mais inévitable pour la plus grande raison de vivre de tout être humain : la liberté.
Shore conclut donc son "opéra" en beauté, avec un troisième acte digne de ce nom, rythmé et grandiose, mais aussi triste et nostalgique, qui permet un final cinématographique magistral sans tomber dans la facilité de la happy end de rigueur. Une oeuvre digne de Tolkien, qui su en développer tous les thèmes principaux avec génie et inventivité.
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Pochettes de l'édition collector du RETOUR DU ROI (CD + DVD), et du coffret rassemblant les 3 Cds.
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Quelques photos d'Howard Shore...
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A gauche : Howard Shore aux Golden Globes 2004, qui récompensait déjà son travail pour LE RETOUR DU ROI deux mois avant les Oscars...
A droite, la consécration : 3 oscars pour "Into The West" (meilleure chansons pour un film) ! Howard Shore (le compositeur) est en compagnie de Fran Walsh (l'auteur) et d'Annie Lennox (l'interprète). Mais Shore arbore également son oscar précédemment reçu pour la bande originale du film (double oscar en une seule soirée, c'est fort !)...
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