Alan Silvestri
Alan Silvestri est né en 1950 à New York.

Alan Silvestri est une autre icône de la musique de film hollywoodienne, qui sait diversifier son style, allant de la comédie au film d'aventures. Après avoir mis en musique de manière absolument géniale les deux films Predator (le premier en 1987 et le second en 1990), sa filmographie compte la série mythique des Retour vers le Futur (opus 1, 2 et 3), le score de Abyss pour James Cameron (très mystique), la BO délirante de Qui veut la peau de Roger Rabbit, ou encore le score de La Momie, le retour, excellente musique d'action dans la veine des "Predator" de ses débuts...
Sa filmographie est très largement calquée sur celle de Robert Zemeckis, le fameux réalisateur des Retour vers le futur, de Roger Rabbit, Forrest Gump, Contact et de Seul au Monde. En l'an 2000, il a donc signé la courte mais sublime partition de Cast Away (Seul au Monde), dont on peut trouver un extrait dans la compile du même nom éditée chez Varèse Sarabande, qui rassemble également quelques uns de ses plus grands succès (je vous la conseille, d'ailleurs). Après un passage par le thriller avec Apparences puis Identity (musiques minimalistes mais néanmoins efficaces), il a récemment mis en musique l'opus 2 des aventures de Lara Croft sur grand écran : si le film demeure très risible, la musique développe un superbe thème d'aventure et quelques morceaux d'ambiance de haute qualité, renouant ainsi avec la tradition du film d'aventures à l'ancienne. A découvrir !

Biographie d'Alan Silvestri sur www.Cinezik.org

    Alan Silvestri

[entre guillemets : passage écrit par Quentin Billard, du site Goldenscore]


Robert Zemeckis et Alan Silvestri

« Alan Silvestri reste une valeur sûre dans la musique de film américaine de nos jours. Défenseur de la musique orchestrale mais aussi amateur de jazz de temps à autres (ses BO de comédie en sont très souvent remplies !) et excellent "synthétiste" (il a très longtemps travaillé sur son Synclavier depuis The Clan of The Cave Bear en 1986), ce compositeur originaire de New York, qui toucha un peu à différents instruments dans sa jeunesse (batterie, saxophone, basson, clarinette, guitare, etc...) arriva sur son premier film en 1972, The Doberman Gang, une production pour laquelle Silvestri dû écrire un peu de musique alors qu’il n’avait absolument aucune expérience dans ce domaine. Après le succès de ce film pour lequel il a écrit de la musique en moins de 2 semaines, le jeune Silvestri s’attaqua à des projets de plus en plus importants, commençant à écrire de la musique pour des séries TV (CHiPs et Starsky & Hutch sont les plus populaires) et quelques téléfilms à petit budget. C’est sa rencontre en 1983 avec Robert Zemeckis qui sera déterminante pour l’avenir de sa carrière, les deux compères débutant leur collaboration fidèle sur Romancing The Stone (A la Poursuite du Diamant Vert).

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et Silvestri a écrit la musique pour la plupart des films de Zemeckis, Back To The Future 1, 2 et 3, Who Framed Roger Rabbit, Death Becomes Her, Forrest Gump, Contact, What Lies Beneath, Cast Away, etc... Grâce aux films de Zemeckis (généralement tous très populaires), Silvestri a pu affirmer son style si reconnaissable, notamment au niveau des orchestrations (aidé de son fidèle orchestrateur, James Campbell) et de sons innés du rythme. Spécialiste des scores d’action et des comédies (un genre dans lequel Silvestri semble s’être fait enfermer depuis quelques années), le style Silvestri a quelque fois été imité (par Trevor Jones dans Cliffhanger, ou John Debney dans My Favorite Martian) mais jamais inégalé, preuve en est que ce compositeur a un talent sûr dans la musique de film. Parmi ses grandes oeuvres les plus populaires, on compte bien entendu ses partitions pour les films de Zemeckis, mais aussi les exceptionnelles partitions pour Predator de John McTiernan et Predator 2 de Stephen Hopkins, deux films sur lequel Silvestri a montré toute l’étendue de son inspiration et de son sens implacable du rythme et de la thématique.

Se rejoignent aux côtés de ses deux chefs d’oeuvre le très épique Judge Dredd, le magnifique et claustrophobique The Abyss, le violent Ricochet, le très Herrmannesque Shattered, les très amusant Mouse Hunt, Father of The Bride ou The Mexican, trois exemples de partitions qui prouvent que Silvestri sait aussi s’amuser tout en montrant une certaine sensibilité innocente et apaisée dans ses musiques de comédie.
Le succès du score grandiose de The Mummy Returns lui a une fois de plus permi d’avoir l’adhésion des béophiles, même si aujourd’hui encore beaucoup de personnes doutent encore de son réel talent. Si son principal point faible est d’avoir tendance à se répéter un peu, c’est parce qu’il affirme et construit un style personnel qui ne doit rien à personne, si ce n’est son expérience de plus de 20 ans au service de la musique de film. »

PREDATOR - 1987

Après 16 ans d'attente, le score de PREDATOR a été officiellement édité chez Varèse Sarabande en septembre 2003.
L'événement fut tel que les 3000 exemplaires de cette édition limitée se sont vendus en quelques semaines ! Une BO désormais épuisée, donc, ce qui rend à nouveau ce score mythique difficile à trouver ! Un peu dommage, mais c'est ça, la légende hollywoodienne !

En 1987, le réalisateur américain John McTiernan se retrouve aux commandes d'un nouveau film d'action produit par Joel Silver avec Schwarzy à l'affiche (après Commando vers la même époque, mis en musique par James Horner - et également éditée par Varèse Sarabande CD Club en 2003 !)... Le scénario est simple et efficace : un commando de sauvetage doit retrouver une équipe de marines perdue dans la jungle... et découvrent des cadavres dépecés par quelque chose... qui n'est pas de cette planète ! Au menu : gros muscles, suspense, cache-cache dans les arbres, et à l'occasion, tirs de mitraillettes ! Par dessus tout ça, Alan Silvestri écrit une musique exploitant à fond rythmes et percussions, pour suggérer le côté sauvage et tribal du Predator, dont l'homme n'est autre qu'un simple trophée de chasse ! L'ouverture est digne des grands films d'aventures des années 1980 : grand thème guerrier et militaire, pour présenter le contexte et les personnages. Ensuite, tout devient beaucoup plus subtil, cacophonique, jusqu'à en devenir maladif : percussions discrètes, échos, coups de cuivres ici et là... L'ambiance s'installe ! Les passages d'actions sont exemplaires : rythmes trépidants, cuivres déchaînés, ça déménage. L'ensemble n'est pourtant pas dénué de thèmes : au contraire, Silvestri utilise une dizaine de motifs ici et là, toujours inspirés, pour structurer l'ensemble. Sur les images, l'osmose est parfaite : ambiance moite, tendue, pleine de peur et d'incompréhension. La musique s'accorde même parfaitement aux effets sonores, particulièrement recherchés. Predator est donc une BO exemplaire dans le genre, qui plaira sans aucun doute aux amateurs de musiques purement orchestrales et bien foutues, tout autant qu'aux amateurs de suspense et d'atmosphères stressantes.

Ma note : 1/2

Dommage que le CD soit devenu aussi rare après 16 ans d'inexistence... Mais Predator reste un score unique en son genre, car vraiment innovant et efficace comme rarement dans un film. Un chef d'oeuvre qui n'est pas prêt d'être dépassé, sinon par Predator 2 (la suite logique du premier), musique encore plus maîtrisée et plus joussive que le premier opus, inspiré mais malgré tout assez répétitif.

Pour en savoir plus, je vous conseille l'excellente revue de Quentin Billard sur son site Goldenscore : analyse de A à Z de cette BO d'une richesse et d'une complexité qui n'a d'égale que le génie de Silvestri sur ce film : cliquez ici pour accéder à l'analyse de PREDATOR sur Goldenscore.

QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT ? - 1988

Critique en cours de rédaction...

Ma note :

THE ABYSS - 1989

Une BO plutôt originale dans la carrière d'Alan Silvestri. Après la folie des "Retour vers le Futur" et les percussions tribales de "Predator", il signe là une partition très atmosphérique, qui prouve qu'il sait faire un peu tous les genres.
Cette musique pour le film de James Cameron est assez étonnante et déroutante. La première partie du CD est très douce (écoute au casque recommandée) : une ambiance très glauque plane alors dans le film - la musique illustre donc parfaitement les images. Mais c'est surtout vers la fin que la musique devient vraiment intéressante : un thème un peu "mystique" se développe alors, avec des choeurs magnifiques, illustrant la pureté des êtres qui peuplent les abysses des fonds marins... La "finale" est un sacré morceau (près de 6 minutes de musique excellente). Une BO assez bizarre donc, parfois un peu hétérogène, mais néanmoins très importante dans la carrière de Silvestri.

Ma note :

RETOUR VERS LE FUTUR 3 - 1990

Critique en cours de rédaction...

Ma note : 1/2

PREDATOR 2 - 1990

Sortant juste de la série des Retour vers le Futur, Silvestri rempile pour le second opus de Predator, où cette fois-ci l'alien technologique sévit en plein coeur de Los Angeles. Une suite presque aussi bonne de le premier film, où la ville devient une jungle à part entière, et les hommes de nouveaux trophées de choix pour le Predator. Silvestri opte donc pour une continuité musicale, malgré le fait qu'ici les percussions tribales entendues dans le premier film prennent un sens différent dans le contexte urbain du second : et c'est ça, en partie, l'excellent choix artistique de ce score, totalement à contrepoint en apparences, mais pourtant rédoutablement efficace sur les images, du début à la fin ! Le film compte nombre de scènes de poursuites et de chasses illustrées musicalement par un Silvestri au meilleur de sa forme, où violons massifs et percussions trépidantes rythment d'une manière époustouflante les interminables chassés-croisés entre Danny Glover et le Predator ! Rarement un score d'action pure a aussi bien fonctionné sur les images, et donné tout son sens au film. Si le premier film Predator permettait à Silvestri de planter le décor, ce second opus lui permet réellement de développer toutes ses idées musicales, avec tout le génie qui le caractérise à cette époque.

Ma note :

Le seconde partie du film (morceaux This Is History et Dem Bones sur le CD) est une suite ininterrompue de rythmes trépidants sur fond de motifs de violons répétitifs, où chaque thème est revu et corrigé en fil de l'histoire. Car malgré les apparences, les thèmes sont nombreux, et déclinés en permanence (d'où la difficulté de cerner les thématiques à la première écoute). Pour finir en beauté, le CD édité par Varèse Sarabande se conclut par un End Titles absolument monumental (de plus de 8 minutes), regroupant la majeure partie des motifs thématiques utilisés dans le film tout en créant un morceau complet d'une cohérence parfaite. Ce final de Predator 2, particulièrement grandiose, prouve qu'Alan Silvestri maîtrise sa thématique sur le bout des doigts et s'en sert en permanence pour amplifier l'impact des rythmes et des percussions sur les images. L'ensemble n'est jamais ennuyeux, jamais répétitif, car parfaitement maîtrisé sur la longueur. Un véritable coup de maître.
Au-delà d'une simple illustration virtuose, la musique est quasiment le seul élément du film à renvoyer aux origines tribales du Predator (cf. premier film, 1987), à son animalité pure, et à les mettre en relation avec le contexte urbain de ce second opus. En résumé, seule la musique, ou presque, donne tout son sens au film. Un chef d'oeuvre inégalé dans le genre, car faisant aussi partie d'une époque révolue. A l'heure des films explicatifs bourrés de chansons commerciales, ce score nous rappelle qu'il y a eu des exercices de styles cinématographiques épurés et audacieux en cette fin des années 1980 qui ne manquaient pas d'intérêt (John McTiernan en étant le génial précurseur), laissant aux compositeurs de musique de film une place active non négligeable dans la création cinématographique de l'époque. Et ça fait grand plaisir à entendre ! Vous non plus, ne vous privez pas de ça, c'est désormais trop rare...

FORREST GUMP - 1994
Forrest Gump

Forrest Gump est une excellente BO, qui passe aussi bien dans le film qu'en dehors. Le thème principal est très émouvant, symbolisant parfaitement toute la naïveté extraordinaire du personnage de Forrest Gump (superbement interprété par Tom Hanks). On retrouve toute la nostalgie et l'émotion des années 60-70 dans cette sublime partition de Silvestri. Beaucoup d'autres thèmes donnent à cette BO une saveur tout à fait unique, vraiment propre à l'excellent film de Robert Zemeckis. Le thème de l'enfance, des amours de jeunesse y est assez récurrent. Une grande musique, donc, extraordinairement émouvante. A savourer à volonté !

Ma note :

CAST AWAY (SEUL AU MONDE)
Score + compile - 2000

Un thème. Un seul. Pour un film de deux heures. Rien de plus. Ce n'était pas nécessaire d'en faire davantage pour illustrer la solitude d'un homme pressé (Tom Hanks, génial) qui a échoué sur une île déserte suite à un crash aérien au-dessus du Pacifique. Un seul thème, et ça suffit : un thème langoureux, qui va et qui vient (comme les vagues), qui évolue de sa plus simple expression jusqu'à un développement orchestral plus complexe (la vie en solitaire de Tom Hanks). Seulement 25 minutes de score dans ce film sublime de Robert Zemeckis, mais quelles 25 minutes ! Largement suffisant pour Alan Silvestri afin de développer son thème, en symbolisant musicalement la solitude et l'évolution d'un homme sur une île déserte. Un sujet mille fois vu, et pourtant terriblement nouveau pour le héros et pour le spectateur. L'orchestration sobre et subtile de Silvestri pour illustrer les images de Zemeckis suffit à produire toute l'émotion nécessaire au film. Car point trop n'en faut. Ce n'est pas une histoire dramatique, seulement un récit humain. Une leçon d'humanité, simple et sobre. Comme la musique de Silvestri. Un score à découvrir en priorité dans le film, mais aussi sur la compile éditée par Varèse Sarabande à cette occasion, qui présente une superbe suite du thème de Cast Away, avec en bonus tous les meilleurs thèmes issus de la collaboration Zemeckis / Silvestri (A la poursuite du diamant vert, Retour vers le Futur, Roger Rabbit, Forrest Gump, Contact...). Un CD à avoir absolument !

Ma note :

APPARENCES - 2000

Critique en cours de rédaction...

Ma note :

IDENTITY - 2003

Critique en cours de rédaction...

Ma note :

LARA CROFT: TOMB RAIDER II
Le Berceau de la Vie - 2003

Après l'éjection du compositeur Graeme Revell (qui avait écrit le score du premier film), c'est Alan Silvestri qui est appelé à la rescousse par le réalisateur Jan de Bont afin de boucler la musique de ce blockbuster estival. Silvestri se trouve précisément libre suite à son éjection (lui aussi !) par Jerry Bruckheimer du blockbuster estival (encore !) que fut Pirates des Caraïbes en 2003.
Excellent choix que celui de garder le compositeur mythique de Predator ou de La Momie: le Retour sur un film de cette envergure. Silvestri s'en tire haut la main avec une partition inspirée, atmosphérique, très bien construite, même si elle n'a pas, à la première écoute, la richesse mélodique qu'on pouvait attendre de lui sur un projet hollywoodien aussi "classique". Néanmoins, les thèmes ne manquent pas, et ils sont d'autant plus présents qu'il sont interprétés par un orchestre londonnien de 100 musiciens et un choeur de 40 personnes ! Mélodies massives, donc, et surtout très rythmées par une grande quantité de sons électroniques parfaitement intégrés à l'orchestre. Tout comme Jerry Goldsmith et Hans Zimmer, Alan Silvestri parvient ici à une osmose quasi-parfaite entre synthé et orchestre symphonique.

La durée très respectable de ce CD (60 minutes : exceptionnel chez Varèse Sarabande !) permet à chacun d'apprécier toutes les ambiances successives dans lesquelles la délicieuse Angelina Jolie plonge au cours du film (Chine, Afrique, etc...). Certains passages assez atmosphériques ne sont pas sans rappeler le "thème mystique" des Aventuriers de l'Arche Perdue (John Williams, 1981), l'une des meilleures BO d'aventure jamais composée. D'ailleurs, Silvestri fait ouvertement référence à Williams, mais après tout, Lara Croft n'est-elle pas l'égo féminin d'Indiana Jones ? Alliant musique électronique et orchestre symphonique massif, Silvestri parvient donc à créer des ambiances très efficaces et agréables à l'écoute, tout en développant un thème principal récurrent dans la plus pure tradition du leitmotiv hollywoodien. Une très bonne surprise pour un film qui, lui, n'est évidemment pas original.
La preuve que quelques décors exotiques et les formes généreuses de l'héroïne suffisent à inspirer le compositeur d'un bluckbuster estival...

Ma note :

VAN HELSING - 2004

Le grand retour de maître Silvestri, dans la foulée de ses musiques d'action orchestrales et déchaînées telles que PREDATOR 2 ou LA MOMIE: LE RETOUR. Excellent !!

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