Tan Dun
Tan Dun est né en 1957 à Henan (Chine).
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« Écoutez, ce bruit si particulier de la pluie tombant sur les bambous et rebondissant sur les pierres : pour moi, c'est l'aurore de toute la musique ! » - Tan Dun -
Tan Dun est aujourd'hui le seul compositeur chinois mondialement connu pour ses musiques de film. A son palmarès, la BO de Tigre & Dragon (2000) pour le réalisateur américain Ang Lee, d'origine chinoise. Cette oeuvre le révèle au grand public et aux béophiles américains et européens, et lui vaut rien de moins que l'Oscar de la meilleure musique de film en 2000, où il bat à plate couture Hans Zimmer (Gladiator), John Williams (The Patriot) et Ennio Morricone (Malèna) ! En 2003, il signe la BO de Hero pour Zhang Yimou, dans la même veine épique et romantique qui fit son succès sur le film précédent.
Si sa musique adhère parfaitement au genre orchestral classique de la musique de film hollywoodienne, Tan Dun y introduit toutes sortes d'instruments traditionnels chinois, en mélangeant littéralement les cultures orientales et occidentales. Toujours à la recherche de l'émotion, il signe des musiques inspirées, à la fois épiques et lyriques, où se mêlent flots de violons romantiques et solos de violoncelles intimistes. Chez Tan Dun, l'émotion est toujours ciblée très justement avec des motifs simples et une instrumentation subtile. Il n'en fait jamais trop.
En dehors de la musique de film, Tan Dun est également un véritable compositeur de musique contemporaine (à l'instar d'Elliot Goldenthal et de John Williams), puisqu'il a écrit une symphonie et plusieurs concertos. Un compositeur expérimentateur et subtil, qui a encore tout le temps de nous surprendre.
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Rencontre avec Tan Dun
Comme autrefois le grand compositeur japonais Takemitsu Toru (1930-1996, l'auteur de bandes originales de films d'auteurs asiatiques des années 1970 et 1980), Tan Dun tente le grand écart entre ses racines et l'avant-garde de la musique savante occidentale. Mais pas question de lui parler de fusion, de conciliation, de rencontre ou de choc entre deux cultures ou deux traditions musicales opposées ou complémentaires, ces pontifs récurrents qui le font sourire : « Je suis simplement un compositeur d'aujourd'hui, un musicien du monde, explique-t-il. J'essaye de faire comme votre Claude Debussy ou mon défunt ami John Cage : développer un langage qui me soit propre, inventer mon alphabet, ma grammaire, en employant le matériau qui m'intéresse. Bien sûr, j'emprunte à la musique des instruments traditionnels, comme le luth pipa, le violon erhu, ou la flûte xun, et je suis marqué par les premiers sons de mon enfance. Mais est-ce pour autant que ma musique est typiquement chinoise ? Pas plus, d'ailleurs, qu'elle n'est strictement occidentale. Composer, c'est, pour moi, explorer mes racines avec des idées neuves. »
Cette vois personnelle sans cesse frayée, Tan Dun la revendique en permanence, même dans ses musiques les plus "faciles" : la bande originale de Hero, le dernier film de Zhang Yimou, où il se met au diapason de cette épopée guerrière haute en couleurs ; et surtout celle de Tigre & Dragon (Ang Lee), avec son lyrisme si généreux (ah, ce trait élégiaque du violoncelle !) et ses envolées orchestrales suggérant à merveille batailles et poursuites, paysages grandioses et déchirements d'amour.
Mais le "vrai" Tan Dun est ailleurs. Dans ses pages symphoniques plus ambitieuses (sa Symphonie 1997), ses pièces de musique de chambre (son quator Feng ya song, comme un hommage à Bartok), ses provocations déchirées aussi, comme ce Memorial 19 fucks, dédié à ceux qui se font avoir par l'existence, où le mot grossier est répété dans dix-neuf langues différentes - avec un special thanks aux chauffeurs de taxi de la planète entière !Tan Dun est aussi le sorcier des musiques expérimentales. Dans Paper concerto, ce sont des feuilles de papier agitées, déchirées, frottées d'une manière strictement codifiée qui tiennent la partie soliste ! Dans son déroutant Water (sa Passion selon saint Matthieu à lui, où l'eau qui s'égoutte, coule, bondit, jaillit symbolise la rédemption et de le renouveau), l'eau est un instrument à part entière, au même tire que le chant soliste, les envols du choeur, les cordes ou des échantillons électroniques. Tan Dun, poète des éléments, dompteur de feu, démiurge de l'air, maître des déchaînements telluriques. « Je suis un chaman, confirme Tan Dun, évoquant les sorciers et les rites primitifs de sa Chine natale. Sauf que mon petit village a désormais pris les dimensions de l'univers. »
© Xavier Lacavalerie
Pour TÉLÉRAMA (Novembre 2003)
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TIGRE ET DRAGON - 2000 ![]()
Pochette française du CD. A noter que les solos de violoncelle sont interprétés par Yo-Yo Ma, célèbre musicien qui a déjà collaboré avec John Williams (notamment sur "Seven Years In Tibet").
Bien que très ancrée dans la tradition symphonique de la musique de film, où des violons lyriques ne peuvent s'empêcher de remplir l'espace sonore pendant les scènes les plus romantiques d'un film d'aventures, ce score étonnant marque un style tout à fait nouveau dans le genre. En introduisant des rythmes répétitifs pendant les scènes de combat, Tan Dun apporte un souffle nouveau au musiques de films traditionnelles, en délaissant le leitmotiv et les changements de rythmes censés dynamiser l'action du film, en optant pour une solution plus subtile qui laisse davantage d'expression à l'image elle-même. Ainsi, tout en soutenant parfaitement les images d'Ang Lee de bout en bout, cette musique s'avère très difficile d'écoute en dehors, car profondément ancrée dans l'action et l'histoire qu'elle illustre. Elle semblera donc assez anecdotique pour l'auditeur n'ayant pas fait l'expérience cinématographique au préalable. En revanche, tout cinéphile qui se respecte se souviendra longtemps de ce thème de violoncelle langoureux symbolisant l'amour au grand air, sur fond de paysages sublimes du désert de Gobi. Une expérience sensuelle avant tout, indisociable des images du film, mais qui ne laisse pas indifférent.
Ma note :
1/2
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HERO - 2003 ![]()
Critique en cours de rédaction...
Ma note :
1/2
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