Trevor Jones
Trevor Jones est né en 1949 à Cape Town (Afrique du Sud).

Trevor Jones

    Trevor Jones a fait ses début en écrivant les musiques de films d'heroïc-fantasy des années 1980 tels que Excalibur, Labyrinth, ou encore le superbe film d'animation Dark Crystal. Après avoir été ainsi "accepté" à Hollywood, il a composé le thème sublime et célèbre du Dernier des Mohicans (co-écrit avec Randy Edelman) en 1992, puis le score de Cliffanger en 1994 (pure action made in Stallone), très inspiré du Predator d'Alan Silvestri. En 1996, il écrit une partition discrète mais efficace pour un petit film anglais très émouvant : Les Virtuoses, avant de retrouver Hollywood avec Dark City en 1998, où il écrit un score très dynamique mais aussi très profond. La même année, il signe un beau retour à la musique d'heroïc-fantasy avec Merlin, un téléfilm américain dont Sam Neil est la vedette.

    Après quelques années où il fut malheureusement très discret, il a récemment fait un retour spectaculaire en composant d'excellents scores pour les films adaptés des bandes dessinées du scénariste américain Alan Moore : From Hell (2001) et La Ligue des Gentlemen Extraordinaires (2003). En 2006, il donne une concert mémorable à Madrid devant des centaines de fans ravis qui l'applaudiront de longues minutes.

    Trevor Jones n'est malheureusement reconnu que dans le cercle assez discret des amateurs de musique de film, ou chez les cinéphiles amateurs de fantastique, chez qui il est considéré à juste titre comme l'une des meilleurs compositeurs des années 1980 et 1990 pour le genre.

    Pour résumer, il compose autant pour les gros budgets (Cliffanger, Dark City, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires) que pour les petits (Les Virtuoses). Son écriture est très sympathique, inspirée, et il possède un style très éclectique (je dirais même DES styles !). Un excellent compositeur, qui a un potentiel malheureusement trop peu exploité par les réalisateurs de ces dernières années. Mais grâce à ses partitions aux allures de monument qu'il a créées récemment, on peut quand même espérer le revoir plus régulièrement sur le devant de la scène, pour le plaisir de tous les béophiles et cinéphiles !

Biographie de Trevor Jones sur www.Cinezik.org

LE DERNIER DES MOHICANS - 1992
Le Dernier des Mohicans

    Le Dernier des Mohicans est sûrement la BO de Trevor Jones la plus poétique et la plus accessible. Le thème principal est très connu, et pour cause, il est purement excellent ! Il apparaît dès le début du CD, puis est repris dans les pistes suivantes sous diverses variations, notamment dans le style rappelant la musique traditionnelle irlandaise. Une partition d'une exceptionnelle qualité, vraiment émouvante dans le film. Si Trevor Jones a composé les 9 premières pistes, c'est Randy Edelman (le compositeur du célèbre thème de MacGyver !) qui s'est occupé des 6 dernières. Sa contribution est également d'une grande qualité, même si elle n'atteint pas la perfection de celle de Trevor Jones. Une BO à avoir absolument !

    Ma note :

LES VIRTUOSES - 1997
Les Virtuoses

    Brassed Off (Les Virtuoses) est un magnifique film de Mark Herman. Un film petit budget qui raconte l'histoire de la "Colliery Band" d'une mine anglaise (la Fanfare des mineurs), contrainte de disparaître avec la mine. Un film social autant qu'un film sur la musique. Outre les nombreux passages de musique de Fanfare (on reconnaîtra le concerto d'Aranjuez, Pomp & Circumstances d'Elgar, et la célèbrissime ouverture du Guillaume Tell de Rossini) on notera la qualité de la prestation de Trevor Jones pour la musique orginale du film. La part de score est assez mince en comparaison des autres morceaux, mais le thème principal, petite mélodie très émouvante et sincère, symbolisant le désespoir des mineurs, revient souvent. Une musique parfois joyeuse, parfois dramatique, des thèmes remarquables : Brassed Off est une bonne BO !

    Ma note :

MERLIN - 1998
Téléfilm

    Critique en cours de rédaction...

    Ma note : 1/2

DARK CITY - 1998

    Dans l'unviers glauque et clostro du film d'Alex Proyas, très inspiré du Métropolis de Fritz Lang, Trevor Jones a composé une musique puissante, qui assombrit encore plus l'environnement du personnage principal. On est déjà très proche du style de From Hell (2001), qui sera l'apothéose de l'efficacité pour décrire les ambiances moites et sombres de la ville nocturne. Le motif principal est très fort et puissant, traduisant les courses poursuites frénétiques du héros, poursuivit par les "hommes en noir". Les rythmes et les cuivres de certains passages ne sont parfois pas sans rappeler "Mars" de Gustav Holst, morceau très célèbre qui a également inspiré Zimmer dans Gladiator. Des nappes plus ou moins harmonieuses enveloppent le tout afin de créer un ensemble cohérent à cette partition vraiment excellente, à l'orchestration efficace (qui laisse un bonne part aux cuivres et aux percussions), et qui fait ressortir pour la première fois un style propre à Trevor Jones pour les films noirs contemporains.

    Ma note :

FROM HELL - 2001

    Le suite de Dark City, avec légèrement de mélodies en plus, et une quantité incroyable de score pour un CD publié chez Varèse Sarabande : près de 70 minutes ! Ça nous change des habituels scores de 35 ou 40 minutes auxquels ce fameux label nous avait habitué !
    Après quelques années sans avoir écrit un seul score intéressant, voici le come-back de Trevor Jones, visiblement très inspiré, puisqu'il signe là l'un de ses meilleurs scores. Son style a définitivement mûri, son orchestration est plus fouillée que jamais, ses thèmes beaux et efficaces, et le tout fonctionne à merveille sur les images des frères Hugues. Difficile de résumer un score aussi fourni, dont la plupart des pistes durent entre 5 et 7 minutes ! Reste une partition exemplaire qui confirme les affinités de Trevor Jones avec les ambiances sombres des ruelles de Londres, tout comme celles de Dark City. On redécouvre également son talent pour les thèmes d'amour, qu'il n'avait pas vraiment eu l'occasion de réutiliser depuis Le Dernier des Mohicans. Un thème un peu mélancolique, profond, vraiment beau. Bref, un score très réussi, tellement d'ailleurs que l'écoute devient difficile au-delà de 40 minutes tant l'orchestration est dense et les morceaux sombres ! A écouter éventuellement en deux fois, pour en apprécier toutes les nuances.

    Ma note :

LA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES - 2003

    Trevor Jones allait-il continuer sur la voie du renouveau après le succès artistique de From Hell ? Pour ce qui est du thème principal, nul doute, c'est assurément le meilleur composé par Trevor Jones : sombre, grandiose, bruyant et complexe. L'interprétation de ce grand thème par le désormais mythique London Symphony Orchestra fait froid dans le dos dès la première écoute ! Pour citer MAD MOVIES, « à côté de ce thème, la finale de Dark City ressemble à de la musique de chambre » ! Quand aux morceaux d'action, pas de doute que le style de Trevor Jones fait mouche : c'est rythmé, bien orchestré, bien trouvé, même si les morceaux plus "doux" font un peu anecdotique dans l'album proposé par Varèse Sarabande. On notera également deux chansons africaines qui n'ont rien à voir avec le style orchestral de Jones, et on se demande comment Varèse a pu intégrer ces deux morceaux totalement anecdotiques dans ce score signé par l'un des compositeurs les plus respectés à Hollywood. Néanmoins, l'ensemble est de haut niveau, contrairement au film... Sans être pour autant extraordinaire (sic), ce score est déjà mieux que la plupart des BO de films fantastiques de ces dernières années.

    Ma note : 1/2

[entre guillemets : passage écrit par Quentin Billard, du site Goldenscore]

    « Trevor Jones est un excellent compositeur qui surprend. Ayant passé ses études au Royal Academy of Music de Londres, il étudia à l'université de York pour suivre une maîtrise de culture musicale très diverse (Jazz, film, rock, indien...), et il apprit même les différentes techniques cinématographiques, ce qui fait de lui un compositeur exceptionnel et à part des autres. Beaucoup de sensibilité dans sa musique, des grands chef d'oeuvre comme The Last of the Mohicans pour lequel il reçu avec Randy Edelman une nomination aux Oscars. En 1980, il composa la musique de Black Angel. Mais son travail sur Excalibur (le film qui utilise superbement "Carmina Burana" de Carl Orff ) lui permit de décrocher de nombreux contrats à Hollywood et il composa ensuite pour le légendaire Dark Crystal, puis Angel Heart, Richard III, Cliffhanger, Merlin, etc...
    A l’aise dans tous les jours, Jones écrit toujours une musique très sincère avec des orchestrations remarquables, même si l’un de ses plus gros défaut reste une tendance à s’inspirer quelque fois du style des autres compositeurs. Effectivement, on retrouve du Silvestri dans Cliffhanger ou du Zimmer dans G.I. Jane. Trevor Jones a mis un peu de temps a être reconnu comme une valeur sûre de sa profession, mais c’est aujourd’hui chose faite et l’on espère que cet excellente compositeur continuera encore à écrire des grandes partitions pour le cinéma. »

Retour au sommaire